Ce que ma transition de vie m’a appris
Et si le plus grand changement de notre vie ne commençait pas par un changement radical, nouveau métier, une nouvelle relation … mais par une nouvelle façon d’être ? Pendant longtemps, j’ai cru qu’être heureuse et épanouie ne pouvait se faire qu’avec une certaine réussite professionnelle. Comme beaucoup, j’ai confondu Etre et Faire : j’ai appris à performer et finalement à n’exister qu’à travers un rôle social et professionnel plus qu’à exister telle que je suis.
Tenir des responsabilités, tenir des objectifs, tenir bon, encaisser. Malgré la fatigue, les doutes, les émotions inconfortables, les tensions dans le corps, les nuits difficiles …
Comme beaucoup, j’avais appris qu’il fallait avancer, être fiable et disponible, répondre présente à contre cœur parfois, ne pas trop écouter les signaux du corps ou ses états d’âme. Et je dois reconnaître que cette manière de fonctionner m’a longtemps permis d’évoluer. Elle m’a offert une carrière riche, stimulante et profondément tournée vers l’humain.
Pendant seize ans, j’ai travaillé au sein de l’industrie pharmaceutique. Plus largement, j’ai consacré vingt-huit années de ma vie au domaine de la santé. J’aimais mon métier. J’aimais contribuer à améliorer la prise en charge des patients. J’aimais apprendre, construire, transmettre.
De l’extérieur, tout semblait « rose » et avoir du sens. Pourtant, avec le recul, je réalise que quelque chose s’éteignait doucement à l’intérieur de moi. À cette époque, je ne savais pas encore mettre des mots sur ce que je vivais. Je pensais simplement être fatiguée. Je me disais que cela passerait après les vacances, après la rentrée toujours plus intense, après la nouvelle formation, après … Comme beaucoup, je repoussais sans cesse le moment de m’écouter. Jusqu’à ce que mon corps dise STOP !
À trente-huit ans, on m’a diagnostiqué une spondylarthrite, ainsi qu’un burn-out. Cette maladie inflammatoire chronique a profondément bouleversé ma vie. Elle m’a obligée à ralentir, à passer de multi à mono tâche, à revoir mes priorités, à questionner mon mode de vie, et surtout me rappeler que l’on ne peut pas vivre durablement en faisant l’autruche sur ce qui se passe à l’intérieur de soi. Sur le moment, j’ai vécu ces événements comme des épreuves. Aujourd’hui, je les regarde autrement. Ils ont été les premiers messagers d’un désir de changement de vie en profondeur.
1. Je devais changer mes habitudes et mon environnement
Lorsque nous parlons de changement de vie, nous imaginons souvent une décision spectaculaire : quitter son emploi, divorcer, déménager, créer une entreprise. Pourtant, les véritables changements commencent rarement à l’extérieur. Ils commencent souvent par une sensation difficile à expliquer : cette impression de ne plus être tout à fait à sa place, cette fatigue qui ne disparaît pas malgré le repos, cette perte d’élan, cette petite voix qui murmure : « je ne me reconnais plus », ces tensions musculaires récurrentes, ces trucs que l’on fait sur un coup de tête pour se « vider » la tête, éviter de sentir ce malaise que l’on n’explique pas parce que rien ne va vraiment mal, mais … Et surtout tenir coute que coute, continuer à « lutter contre » tout ce que je ressentais.
Pendant longtemps, j’ai cru que je devais mettre tout cela sous le tapis parce que finalement, çà n’allait pas si mal que çà. Aujourd’hui, je sais que la vie essayait déjà de me montrer le chemin. J’avais un besoin vital de me poser pour enfin écouter. La maladie a permis cela. Ce que je vivais n’était pas un manque de motivation, ni un échec. J’étais en train de traverser une transition.
Je ne connaissais pas encore les travaux de William Bridges. Lorsque je les ai découverts, plusieurs années plus tard, j’ai eu la sensation qu’il mettait enfin des mots sur ce que j’avais vécu. Il explique une chose essentielle : le changement est extérieur, la transition est intérieure. On peut changer de métier, de maison, de partenaire de vie … sans jamais réussir ce changement car cela nécessite de vivre une transition, une transformation profonde. À l’inverse, on peut rester dans le même environnement et s’y adapter, tout en vivant un immense bouleversement intérieur qui va amener un changement extérieur. C’est précisément ce qui m’est arrivé : la suradaptation jusqu’à se rendre parfois malade pour que le changement s’opère.
2. Une autre vision de la santé et un désir de VIVRE plus fort que tout !

Photo de Aditya Saxena
Cette période m’a conduite à remettre en question beaucoup de mes certitudes et illusions. Pendant des années, j’avais évolué dans un univers où la santé était principalement abordée sous l’angle de la maladie. J’ai participé à des ateliers pour « apprendre à vivre avec » la maladie. Sauf que ce n’était pas suffisant pour moi : je voulais « sortir de la maladie », guérir et VIVRE ! Je découvrais peu à peu une autre réalité. Celle qui nous amène à :
- adopter une autre manière de vivre,
- changer son rapport au stress,
- apprivoiser ses émotions,
- comprendre et identifier nos besoins,
- vouloir donner du sens à ce que nous traversons.
J’ai ainsi commencé à me former à différentes approches (Coaching, PNL, hypnose, éducation à la santé, émotions, compétences psychosociales, entretien motivationnel, leadership transformationnel …) qui sont venues enrichir ma formation de base en neurobiologie. Non pas parce que je rejetais en bloc tout ce que j’avais appris avant, mais parce que j’avais soif de comprendre pour agir, et parce qu’il y avait d’autres façons de voir les choses pour agir. Et que comprendre est une chose mais « ressentir », surtout lorsque l’on est très mental(e), c’est autre chose. Or les émotions se vivent dans le corps, pas dans la tête. Nous avons plutôt tendance à privilégier le mental, et à tourner en boucle dans notre tête et ne prendre soin de notre corps que lorsqu’il souffre.
Combien d’entre nous apprennent réellement à écouter leurs émotions avant que le corps dise STOP ?
3. Ce qu’apprivoiser mes émotions m’a apporté
Pendant longtemps, j’ai refoulé certaines émotions parce qu’elles étaient inconfortables pour moi :
- La tristesse
- La colère
- La culpabilité et la honte
- La peur …
Je voulais m’en débarrasser. Mettre le plus de distance possible avec elles, et surtout la culpabilité qui était masquée par d’autres émotions. Aujourd’hui, je les regarde comme des messagères : comme ces bips sur les voitures qui préviennent qu’un danger est là pour mieux me sécuriser.
- La peur m’a appris que quelque chose comptait profondément pour moi : la sécurité,
- La colère m’a montré ce qui n’était plus acceptable et où je devais mettre mes limites,
- La tristesse m’a permis de faire le deuil de certains chapitres de vie auxquels je restais accrochée,
- Quant à la culpabilité, elle a sans doute été l’émotion qui m’a le plus longtemps retenue.
Parce qu’elle me faisait croire que vouloir une autre vie revenait à trahir celle que j’avais construite.
- Comment quitter un métier que j’avais aimé ?
- Comment renoncer à une identité qui m’avait tant sécurisée ?
- Comment accepter que ce qui avait été juste pendant des années ne le soit plus aujourd’hui ?
Je crois que beaucoup de personnes vivent cette même culpabilité. Pas seulement lorsqu’elles souhaitent changer de métier. Mais lorsqu’elles commencent à vouloir vivre autrement. Je l’ai beaucoup observé dans mes accompagnements à perte de poids, au surpoids, à l’obésité et à l’arrêt du tabac.
Ralentir, prendre soin de soi, mettre des limites, dire non, choisir ce qui est juste et fait sens pour soi. Comme si écouter ce qui est vivant en soi revenait automatiquement à devenir égoïste. Avec le recul, je comprends que cette culpabilité ne parlait pas de morale. Elle parlait de fidélité à l’identité que j’avais construite. Alors qu’une autre cherchait à émerger : plus mature émotionnellement, qui m’invitait à prendre la responsabilité de choisir ma vie et donc de renoncer à ce qui ne faisait plus sens. Si je voulais guérir, je devais renoncer à être une victime impuissante et résignée face à la maladie.
4. Aujourd’hui, via ce blog : « Choisir ta vie »
Si je fais ce métier de coach aujourd’hui (et depuis 17 ans), ce n’est pas parce que j’ai trouvé toutes les réponses. C’est parce que j’aime développer le potentiel des personnes, et que je connais cette zone de confusion où l’on ne se reconnaît plus tout à fait. Celle où l’on hésite entre rester fidèle à ce que l’on a toujours été et écouter ce qui cherche doucement à naître. Je sais combien cette période peut être déroutante. Je sais aussi combien elle peut devenir féconde lorsqu’on cesse de vouloir aller trop vite. Je ne crois plus que notre rôle soit de « lutter contre » nos émotions, la maladie … Je crois qu’il est nécessaire d’apprendre à les écouter autrement : pas comme des obstacles pour nous empêcher d’avancer mais plutôt des clés pour évoluer.
Le nom de mon blog n’est pas arrivé par hasard. Pendant longtemps, j’ai cru que choisir sa vie signifiait prendre de grandes décisions. Aujourd’hui, je crois que cela commence beaucoup plus simplement.
Choisir d’écouter ce qui se passe en soi,
Choisir de ne plus vivre en pilotage automatique,
Choisir d’accueillir les émotions plutôt que de les combattre,
Choisir de se donner le droit d’évoluer, de grandir !
Parce que nous changeons, parce que la vie nous change, parce qu’il arrive un moment où rester fidèle à nos anciennes habitudes devient plus douloureux que d’oser avancer.
Je n’accompagne pas simplement des personnes à apprivoiser et mieux gérer leurs émotions. J’accompagne des femmes et des hommes qui sentent que leur ancienne vie ne leur ressemble plus tout à fait. Des personnes qui traversent cet « entre-deux » où l’ancien ne nourrit plus, alors que le nouveau n’est pas encore clairement visible. Je les accompagne à comprendre ce qui se joue à l’intérieur d’elles, à retrouver des repères et à laisser émerger ce qui cherche déjà à prendre sa place. Parce que je crois profondément qu’une épreuve de vie comme la maladie peut être le tremplin vers une vie plus épanouissante si l’on apprend à traverser en conscience la transition de vie qui l’accompagne.
5. Une invitation
Il y a quelques jours, j’ai eu la joie d’échanger avec Philippe Ferrer, de la chaine You tube « On ne vous demande pas d’y croire » autour de ce parcours, de cette reconversion et de ma vision de la santé*, des émotions, de la vie.
Je vous laisse découvrir cette interview si vous en avez envie. Et si, en la regardant ou en lisant cet article, vous vous dites : « çà me parle ; j’ai l’impression que ma vie ne me ressemble plus… » Alors peut-être n’êtes-vous pas en train de vous perdre mais simplement en train de traverser une « crise » de vie. Et c’est là que commence la plus belle des aventures : choisir sa vie ! Avec le recul, je comprends que ce que j’ai vécu, comme d’autres, porte un nom. Je vous en parlerai dans mon prochain article.
Vous n’avez pas besoin de continuer à fuir votre vie. Vous avez peut-être besoin de retrouver le lien avec ce qui vous rend vivant ?
« Tout peut être enlevé à un homme sauf une chose : la dernière des libertés humaines, celle de choisir son attitude dans n’importe quelles circonstances, de choisir sa propre voie. »
Viktor Frankl
Pour commencer à apprivoiser vos émotions : Arrêter de tout contrôler
Apprendre à réguler vos émotions c’est aussi transformer la peur de l’inconnu en aventure !
Au plaisir de vous lire en commentaire !
A la semaine prochaine !
Carole Coach | Emotions & Santé* intégrative
*mes actions ne remplacent ni un avis ni un suivi médical
Pour commencer à apprivoiser vos émotions : Arrêter de tout contrôler
