Trouver la force d’oser : 5 grands freins au passage à l’action

(et comment les systèmes relationnels victime – sauveur – bourreau nous maintiennent bloqués)

Dans mon dernier article, je vous parlais de la culpabilité et de la façon dont elle peut devenir une invitation à reprendre sa juste responsabilité. Aujourd’hui, la question est plus concrète : comment passer du désir de changement à l’action ? Parce que comprendre ne suffit pas toujours. Beaucoup de personnes savent qu’elles veulent autre chose… et restent pourtant bloquées. Ce n’est pas un manque de volonté. Ce sont souvent des freins invisibles qui agissent en coulisse, ancrés dans des systèmes relationnels que nous rejouons avec les autres, dans toutes nos sphères de vie… et surtout avec nous-mêmes. Dans cet article, je vous partage ce que l’on entend par « système relationnel » , 5 grands freins qui empêchent le plus souvent de trouver la force d’oser et comment les transformer en levier, ainsi qu’une liste de personnes ressources pour trouver la force d’oser.

Juge / Coupable, Bourreau / Victime, Sauveur / Affligé … Selon le Centre de relation d’aide de Montréal (CRAM), un système relationnel désigne les mécanismes de défense inconscients qui bloquent une communication authentique et créent des conflits ou des malaises relationnels récurrents. Chaque personne tente d’éviter sa souffrance et sa vulnérabilité en adoptant des mécanismes de défense automatiques et aucun des protagonistes ne sait vraiment comment prendre soin de ses besoins. Au fil du temps, cela use les relations qui potentiellement peuvent se terminer si les protagonistes continuent à tourner en rond dans un système dysfonctionnel dont ils n’ont pas conscience. Les blessures du passé (abandon, rejet, humiliation …) amènent chaque membre d’un système à adopter des mécanismes de défense pour éviter de ressentir la souffrance. Ces mécanismes invisibles s’alimentent, nuisant ainsi à la relation.

« C’est égoïste », « C’est de ma faute, j’ai mal agi ». La culpabilité peut nous fait croire que se choisir, ce serait comme trahir les autres. Ainsi, elle nous amène à regretter et à maintenir un ancien équilibre relationnel, même quand celui-ci ne nous nourrit plus. Or la culpabilité invite aussi à réparer, à l’empathie et à plus d’authenticité. Selon Colette Portelance, spécialiste de la relation d’aide mondialement reconnue, le « coupable » est souvent une personne qui, par manque de confiance en elle, prend la responsabilité de tous les problèmes des autres… et s’en défend par l’auto-punition. Elle oscille entre un rôle de sauveur (je m’occupe de tout le monde), de victime (je m’épuise et je culpabilise) et de bourreau (je juge l’autre, j’accuse ou je me juge)

Comment le lever et reprendre son pouvoir personnel ?

  • Distinguer ce qui est réellement de votre responsabilité de ce qui appartient à l’autre,
  • Vous êtes responsable de votre choix, pas de la façon dont l’autre le vivra,
  • Sortir du rôle de coupable-sauveur pour redevenir simplement responsable de soi.

Photo de Lester

Peur de ne plus correspondre à l’image que les autres ont de nous, peur de déplaire, du conflit …
Peur de l’échec, peur du vide, peur de la « zone neutre » dans les transitions de vie (selon William Bridges)… Cette peur peut se déguiser en procrastination, en « ce n’est pas le bon moment » ou en hyper-responsabilité. La personne refoule ce vécu émotionnel pour ne pas le ressentir. Ainsi, elle maintient le système relationnel en place : tant que je ne change pas, personne n’est déçu et reste coincée dedans.

Comment le lever et oser l’inconnu ?

  • Accepter que oser implique toujours une part d’inconnu qui fait peur,
  • La vraie sécurité ne vient pas de tout contrôler, ni de protéger les autres de leur déception, mais de se faire confiance pour traverser l’inconfort,
  • Commencer par de tout petits pas (un premier « non », une conversation inconfortable, une nouvelle habitude …)

Photo de Luca Bravo

Monteriez-vous dans un taxi en disant « je ne sais pas où je vais, mais … conduisez-moi » ?
Non.
Pourtant, s’il est facile de savoir ce que l’on ne veut plus, savoir ce que l’on veut est souvent « compliqué » à clarifier. Ainsi, beaucoup d’entre nous restons pilotés par une relation toxique à nous-mêmes : on dit oui quand on pense non, on se tait face à l’intolérable… Sans clarté intérieure sur ce que l’on veut vraiment, on se sent prisonnier(e), bridé(e), sans savoir pourquoi. L’action devient impossible ou chaotique : la personne répond aux besoins des autres (sauveur) ou subit (victime) sans jamais formuler clairement ses propres désirs. Elle reste captive des rôles « victime – bourreau – sauveur« .

Comment le lever et sortir du flou ?

Prendre le temps de se poser les vraies questions :

  • Qu’est-ce qui est vraiment essentiel pour moi ?
  • Ai-je osé aller au bout de mes rêves ?

La crise est souvent le moment où ces questions deviennent incontournables.

Photo de T D

Accuser l’extérieur (le conjoint, le travail, la société, les enfants, le manque de temps…), rester dans le « ce n’est pas ma faute », ou dans le déni ça va s’arranger », « le problème c’est mon environnement, c’est pas moi, c’est l’autre ») permet de rester en sécurité… mais empêche toute transformation. Le déni est encore plus subtil et plus puissant.

Dans la vision de Colette Portelance, la personne qui reste dans le rôle de victime projette la responsabilité à l’extérieur et se défend par l’impuissance.
Le bourreau (ou persécuteur) accuse, critique, exige.
Le sauveur prend tout en charge… jusqu’à l’épuisement. Ces trois rôles forment un système relationnel fermé dans lequel on peut tourner très longtemps en rond.
Tant que l’on tourne dedans (avec les autres ou avec soi-même), aucun vrai changement n’est possible.

La personne décrit sa situation comme un problème à résoudre… tout en refusant inconsciemment de changer quelque chose. Dans mon travail de coach, c’est le frein que je rencontre le plus souvent à la réussite de la personne. La personne vient en coaching avec une demande d’aide, mais reste inconsciemment attachée à son rôle dans le triangle : « Aidez-moi à transformer ma vie… mais surtout, je ne veux rien changer de fondamental. » La personne reste captive de ce paradoxe. Tant que la personne se positionne comme victime de sa vie, ou dans le déni, elle ne peut pas en devenir l’entrepreneure. Aucune technique, aucun outil ne peut contourner cette réalité : sans décision intérieure de sortir du « ce n’est pas ma faute » et du déni, le travail s’arrête.

Comment le lever et sortir du sentiment d’impuissance ?

  • Accepter de regarder ce que l’on ne voulait pas voir,
  • Reconnaître quel rôle on joue le plus souvent,
  • Quitter le « c’est pas ma faute » et le déni pour reprendre la responsabilité de ce qui dépend de soi.

Comme le disent Daniel Grosjean et Jean-Paul Sauzette dans leur ouvrage « Trouver la force d’oser » :

Photo de Erika Fletcher

Changer, c’est aussi faire le deuil d’une ancienne version de soi (la personne fiable, toujours disponible, qui ne dérange pas, qui sauve…) et traverser des phases pour libérer « l’ancien ». Même quand on aspire à autre chose, une partie de nous reste fidèle à l’ancien parce qu’il est connu et donc plus sécurisant, même si cela ne nous nourrit plus. C’est souvent à cet endroit que naît l’auto-sabotage qui amène au retour en arrière.

Comment le lever et oser le renouveau ?

  • Reconnaître que l’on n’est pas en train de trahir quelqu’un, mais de se désidentifier d’une ancienne version de soi et d’une ancienne façon de fonctionner (système),
  • Embrasser sa vulnérabilité (qui est une force, pas une faiblesse),
  • Accepter de sortir du triangle « victime, bourreau, sauveur), traverser le vide, pour devenir autonome et responsable de sa propre vie.

Photo de Diego PH

Parce que vouloir oser changer sa vie soulève des questions, s’entourer de personnes capables de nous aider à répondre à nos interrogations peut être utile pour lever ses freins et avancer vers le renouveau. Aussi, je collabore avec différents types de partenaires :

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Stress financier et sécurité émotionnelle :👉en duo avec Ludyvine, coach finances

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Photo de Helena Lopes

Ces 5 freins (culpabilité, peur, manque de clarté, posture de victime + déni, attachement à l’ancien) ne sont pas isolés.
Ils s’ancrent dans des systèmes relationnels inconscients. Tant que l’on reste dans ces rôles, on tourne en rond.
En sortir, c’est reprendre sa juste responsabilité, quitter le déni, et enfin oser. Vous avez le droit de vouloir autre chose.
Vous avez le droit de vous choisir. La force d’oser vient d’une décision, celle de ne plus laisser ces freins et ces mécanismes de défense inconscients dicter votre vie. Puis de choix : choix conscient après choix conscient. C’est ainsi que l’on peut choisir et transformer sa vie durablement. A la semaine prochaine pour un nouvel article atour de la Culpabilisation versus autonomisation.

Carole  Coach | Emotions & Transition de vie*

*mes actions ne remplacent ni un avis ni un suivi médical

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Photo de couverture de Ionela Mat 

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