De « coupable » à autonome : quand la culpabilité vous empêche de choisir votre vie

Si la culpabilité n’était plus seulement un frein… mais un signal que quelque chose ne peut plus durer ?

Dans mon précédent article, « Trouver la force d’oser : 5 grands freins au passage à l’action« , nous avons vu comment la culpabilité peut vous maintenir dans un triangle relationnel où vous oscillez entre les rôles de victime, de sauveur et de bourreau. Mais que se passe-t-il lorsque vous restez longtemps dans cette dynamique ? À force de vous sentir coupable, de vous remettre en question, de vous demander ce que vous auriez dû ou pu faire autrement, vous pouvez finir par ne plus voir ce qui est réellement en train de se passer. Vous vous adaptez. Vous faites des efforts. Vous essayez de mieux faire. Vous exigez toujours davantage de vous-même, voire des autres. Parfois, sans même vous en rendre compte, vous vous éloignez de vous-mêmes et de vos émotions. Ce qui vous a permis de tenir un temps peut alors devenir une véritable prison. Le problème n’est pas que vous soyez incapables de changer mais plutot que vous êtes devenus tellement habitués à fonctionner de cette manière que vous ne voyez plus que vous avez le choix. Et c’est là qu’un autre chemin peut commencer : passer de la culpabilité à la responsabilité, puis de la responsabilité à l’autonomie.

La culpabilité n’est pas une « mauvaise » émotion. Au contraire. Liée à un comportement, elle peut nous permettre de reconnaître que nous avons fait quelque chose qui ne correspond pas à nos valeurs, de réparer lorsque c’est possible et de restaurer une relation. La culpabilité peut alors favoriser la prise de responsabilité et les comportements réparateurs. Le problème apparaît lorsque la culpabilité devient permanente. Lorsque tout devient de votre faute. Lorsque vous vous demandez sans cesse : « Qu’est-ce que j’ai encore fait de travers ? », « Est-ce que je n’aurais pas dû faire autrement ? », « Est-ce que je vais décevoir quelqu’un ? », « Est-ce que j’ai le droit de penser à moi ? » À ce moment-là, vous n’êtes plus simplement en train de reconnaître votre responsabilité. Vous êtes en train de vous juger. Et parfois même de vous punir.

Il s’agit d’un mal invisible et insidieux, plus répandu qu’on ne le pense. Sans nous en rendre compte, nous pouvons nous l’infliger à nous-même dans nos pensées, nos comportements et même nos relations. Vous pouvez ressentir de la culpabilité lorsque vous vous jugez responsable d’une faute, réelle ou imaginaire. Vous pensez que votre comportement a pu nuire à autrui ou que vous avez mal agi. C’est une émotion sociale qui invite à respecter certains codes, à réparer ses torts, et à faire preuve d’empathie. Vous pouvez vous sentir responsable, redevable, porter un poids, ressentir des regrets … associés à d’autres émotions (tristesse, colère contre soi, honte …).

Lorsqu’une personne est régulièrement soumise à ce sentiment, elle commence à se dévaloriser, à douter d’elle-même, de ses capacités, et à perdre en estime d’elle-même. La personne peut s’enfermer dans un cercle vicieux en s’attribuant la responsabilité de situations qui sont hors de son contrôle. Qu’elle soit infligée par autrui ou auto-imposée, la culpabilisation nuit à la relation que vous entretenez avec vous-même et avec les autres, ainsi qu’à votre épanouissement.

La culpabilisation peut venir des autres. Un reproche, une comparaison, une insinuation, une bouderie, une dramatisation…

« Avec tout ce que j’ai fait pour toi, tu pourrais au moins… », « Je suis toute seule, tu ne viens jamais me voir. », « Si tu refuses ce poste, tu vas mettre toute l’équipe en difficulté. »

Mais elle peut également venir de l’intérieur. Et c’est là qu’elle devient plus difficile à repérer. Parce que personne n’a besoin de nous dire : « Tu es nul(le). ». Nous pouvons très bien nous le dire nous-mêmes. « Je suis vraiment idiote… », « J’aurais dû… », « Pourquoi est-ce que j’ai encore fait ça ? », « Je ne suis jamais à la hauteur », « Je devrais être capable de faire mieux ». Cette voix intérieure peut devenir tellement familière que nous finissons par ne plus la questionner. Nous la prenons pour vérité. Et ce fonctionnement peut s’inscrire dans les choix du quotidien. Vous pouvez par exemple :

  • accepter systématiquement ce qui ne vous convient pas ;
  • avoir du mal à dire non ;
  • vous mettre une pression excessive ;
  • rechercher constamment la perfection ;
  • vous comparer aux autres ;
  • négliger vos propres besoins ;
  • adopter certaines habitudes de vie ;
  • rester dans des relations ou des situations qui vous font souffrir ;
  • avoir du mal à demander de l’aide ;
  • vous interdire de montrer votre vulnérabilité.

Petit à petit, vous pouvez même finir par choisir ce qui confirme l’image négative que vous avez de vous-mêmes :

Le cercle est installé

Reprendre votre responsabilité, c’est progressivement retrouver la possibilité de dire STOP à ce qui ne vous convient plus.

Pourquoi continuer à rester dans une situation qui ne vous convient plus ? Pourquoi continuer à faire semblant que tout va bien ? Pourquoi repousser encore et encore ce que vous savez pourtant déjà ? Parce que parfois, ne pas voir est une manière de se protéger.

L’auto culpabilité peut amener une personne à croire que si elle a fait quelque chose, c’est parce qu’elle a un sens aigu de ce qui est juste pour elle, pour l’autre … Elle décortique, rumine, refait les scénarios en boucle en se racontant l’histoire qu’elle veut être juste mais … elle se fait du mal. La personne endosse des rôles toxiques pensant se protéger : elle se raconte des histoires, elle transforme la réalité pour masquer ce qu’elle ne peut ou ne veut pas voir. Elle met en place des comportements tels que le sport intensif, le perfectionnisme, habitudes de vie … qui lui fait se raconter l’histoire que ce n’est jamais assez bien, qu’elle ne lâche rien, qu’elle fait les choses à 300% …

Le déni est notamment décrit en psychologie comme un mécanisme défensif pouvant avoir une fonction de protection face à une réalité difficile à reconnaître. Le problème n’est pas d’avoir utilisé le déni. Le problème est de ne plus pouvoir en sortir lorsque la réalité a changé. Au début, fermer les yeux peut permettre de tenir. De continuer à travailler, de s’occuper des autres, de faire ce qu’il faut, de ne pas avoir à affronter immédiatement une réalité trop inconfortable. Mais à force, le prix peut devenir élevé : fatigue, perte de confiance, sentiment d’être coincé, relations qui s’usent, impression de ne plus savoir ce que l’on veut…

C’est un peu ce que raconte Spencer Johnson dans Qui a piqué mon fromage * ? Dans cette parabole publiée en 1998, le fromage représente ce que vous recherchez dans votre vie, tandis que le labyrinthe représente l’environnement dans lequel vous évoluez. Lorsque le fromage disparaît, certains personnages restent longtemps à attendre qu’il réapparaisse au même endroit. Et parfois, vous faites exactement la même chose. Vous continuez à regarder l’endroit où se trouvait autrefois votre « fromage », en espérant qu’il revienne. Pourtant le fromage a déjà bougé … Vous espérez que votre travail redevienne comme avant, que votre couple redevienne comme avant, que votre motivation revienne, que vous retrouviez la personne que vous étiez, que les choses changent… sans que vous n’ayez à changer quoi que ce soit. Cela peut même amener des personnes à quitter un espace de travail avec un coach ou un thérapeute, parce que cet espace de bienveillance devient effrayant. Il touche à des choses que l’on préfère éviter.

Et pourtant, c’est ici que la bascule peut s’opérer : de la culpabilité (« c’est de ma faute ») à la responsabilité, qui dit : « Quelle est ma part de responsabilité dans la situation ? » Ce n’est pas la même chose. Être responsable ne signifie pas porter ce qui appartient aux autres. Cela signifie apprendre à distinguer :

  • ce qui dépend de vous,
  • ce qui ne dépend pas de vous,
  • et ce que vous choisissez d’en faire.

Vous pouvez être responsable de vos paroles sans être responsable des émotions de l’autre. Vous pouvez entendre la déception de quelqu’un sans avoir à renoncer à votre choix. Vous pouvez reconnaître une erreur sans conclure que vous êtes une mauvaise personne. Vous pouvez dire non sans être égoïste. Vous pouvez vouloir autre chose sans avoir à démontrer que votre vie actuelle est catastrophique. Et surtout : vous pouvez reconnaître votre part sans porter celle des autres. C’est un changement de posture considérable. Parce qu’à partir du moment où vous cessez de chercher constamment qui est coupable, vous pouvez commencer à vous demander : « Qu’est-ce qui est réellement de mon ressort aujourd’hui ? » et reprendre peu à peu votre pouvoir d’agir.

Reprendre sa responsabilité, c’est retrouver sa capacité à choisir et votre autonomie

L’autonomie n’est pas une sorte d’état magique dans lequel vous entreriez un beau matin. Elle se construit petit à petit. À travers des prises de conscience, des choix, de nouvelles expériences et de nouveaux réflexes. Devenir autonome, c’est progressivement redevenir auteur et acteur de votre vie, plutôt que de fonctionner uniquement à partir des attentes des autres, de la peur ou de vieux automatismes. Cela peut commencer par trois mouvements très simples :

  • Clarifier ce qui est vraiment de votre ressort
    • Qu’est-ce qui dépend de vous ?
    • Qu’est-ce qui ne vous appartient pas ?
  • Où est-ce que vous portez encore des responsabilités qui ne sont pas les vôtres ?
  • Accepter que l’autre puisse être déçu.

C’est probablement l’un des apprentissages les plus difficiles. Parce que vous pouvez avoir appris à associer : « quelqu’un est déçu de moi » à « j’ai fait quelque chose de mal ». Or les deux ne sont pas nécessairement liés. L’autre a le droit d’être déçu. Et vous avez le droit de faire un choix qui ne lui convient pas.

Mais commencer à vous demander : « Qu’est-ce que je veux réellement vivre maintenant ? » Dans « Osez réussir*  » et ses différents travaux, Carol Dweck, Professeure à l’Université de Stanford, et chercheuse reconnue dans le domaine de la personnalité, de la psychologie sociale et de la psychologie du développement, fait la distinction entre un état d’esprit davantage figé et un état d’esprit de développement. Ainsi, nos croyances sur notre capacité à évoluer peuvent influencer notre manière d’aborder les difficultés, l’apprentissage et le changement. L’objectif n’est pas de se répéter que « tout est possible », mais plutôt de retrouver suffisamment de souplesse pour envisager que vous pouvez apprendre, évoluer et faire autrement. Il s’agit d’apprendre à développer une relation plus juste et saine avec vous-même.

Dans son ouvrage, « Se libérer de son moi toxique * « , Marie-Estelle Dupont, psychologue clinicienne, psychothérapeute et écrivaine, précise :

« Si vous avez en tête l’image très précise de celui que vous voudriez être, comment vous voudriez vous sentir et agir, vous allez commencer à éprouver la joie, l’épanouissement, la sensation de ce nouvel état d’être. En revanche, vous ne trouverez pas les maillons manquants entre les expériences du passé et votre soi profond en restant ancré dans les émotions séquelles ou les héritages négatifs : peur, culpabilité, rancune, … Mais seulement en décidant d’habiter déjà votre soi, et de commencer à le dépoussiérer. Alors l’énergie que vous dégagerez sera différente et votre sensibilité aussi sera différente. Vous serez plus léger pour certains détails, plus déterminé pour certaines choses, plus clairvoyante pour d’autres. Parce que vous vous serez enraciné dans qui vous voulez être. Au lieu de baigner dans les résidus du passé, vous lui donnez un coup de pied en vous jetant dans ce que vous voulez être, sans attendre que tout soit en place. Là, vous vous libérez du passé, parce que, quoi que vous ayez vécu et quoi que l’on vous ait fait subir, vous êtes libre de générer vous-même des émotions positives et élevées. C’est en elles que vous puiserez la force, malgré les obstacles, de changer votre vie.« 

Tout comme elle, je l’ai fait aussi. Et dans mes accompagnements, je vous apprends à apprivoiser vos émotions et construire une relation plus saine, avec vous-même et les autres. J’utilise l’hypnose et les histoires (métaphores) pour vous permettre une prise de distance et laisser émerger de nouvelles solutions. Je vous partage ici ma nouvelle vidéo en lien avec cet article, à découvrir sur ma chaine.

La culpabilité peut être utile lorsqu’elle vous aide à reconnaître votre part. Mais lorsqu’elle devient un mode de fonctionnement, elle peut vous maintenir dans la culpabilité, le déni et des choix qui ne vous ressemblent plus. Le passage vers l’autonomie commence alors non pas par “faire plus”, mais par voir ce qui se joue, reprendre votre part de responsabilité et recommencer à vous choisir et prendre soin de vous. Cela s’apprend. Changer votre relation à vous-même, le regard que vous portez sur vous-même, c’est aussi prendre conscience de ce que vous avez envie de VIVRE.

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Carole  Coach | Emotions & Transition de vie*

*mes actions ne remplacent ni un avis ni un suivi médical

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De l’industrie pharmaceutique au coaching : ma transition de vie

Photo de couverture : Beth Chobanova

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De l’industrie pharmaceutique au coaching

Et si le plus grand changement de notre vie ne commençait pas par un changement radical, nouveau métier, une nouvelle relation … mais par une nouvelle façon d’être ? Pendant longtemps, j’ai cru qu’être heureuse et épanouie ne pouvait se faire qu’avec une certaine réussite professionnelle. Comme beaucoup, j’ai confondu Etre et Faire : j’ai appris à performer et finalement à n’exister qu’à travers un rôle social et professionnel plus qu’à exister telle que je suis.

Tenir des responsabilités, tenir des objectifs, tenir bon, encaisser. Malgré la fatigue, les doutes, les émotions inconfortables, les tensions dans le corps, les nuits difficiles …

Comme beaucoup, j’avais appris qu’il fallait avancer, être fiable et disponible, répondre présente à contre cœur parfois, ne pas trop écouter les signaux du corps ou ses états d’âme. Et je dois reconnaître que cette manière de fonctionner m’a longtemps permis d’évoluer. Elle m’a offert une carrière riche, stimulante et profondément tournée vers l’humain.

Pendant seize ans, j’ai travaillé au sein de l’industrie pharmaceutique. Plus largement, j’ai consacré vingt-huit années de ma vie au domaine de la santé. J’aimais mon métier. J’aimais contribuer à améliorer la prise en charge des patients. J’aimais apprendre, construire, transmettre.

De l’extérieur, tout semblait « rose » et avoir du sens. Pourtant, avec le recul, je réalise que quelque chose s’éteignait doucement à l’intérieur de moi. À cette époque, je ne savais pas encore mettre des mots sur ce que je vivais. Je pensais simplement être fatiguée. Je me disais que cela passerait après les vacances, après la rentrée toujours plus intense, après la nouvelle formation, après … Comme beaucoup, je repoussais sans cesse le moment de m’écouter. Jusqu’à ce que mon corps dise STOP !

Lorsque nous parlons de changement de vie, nous imaginons souvent une décision spectaculaire : quitter son emploi, divorcer, déménager, créer une entreprise. Pourtant, les véritables changements commencent rarement à l’extérieur. Ils commencent souvent par une sensation difficile à expliquer : cette impression de ne plus être tout à fait à sa place, cette fatigue qui ne disparaît pas malgré le repos, cette perte d’élan, cette petite voix qui murmure : « je ne me reconnais plus », ces tensions musculaires récurrentes, ces trucs que l’on fait sur un coup de tête pour se « vider » la tête, éviter de sentir ce malaise que l’on n’explique pas parce que rien ne va vraiment mal, mais … Et surtout tenir coute que coute, continuer à « lutter contre » tout ce que je ressentais.

Pendant longtemps, j’ai cru que je devais mettre tout cela sous le tapis parce que finalement, çà n’allait pas si mal que çà. Aujourd’hui, je sais que la vie essayait déjà de me montrer le chemin. J’avais un besoin vital de me poser pour enfin écouter. La maladie a permis cela. Ce que je vivais n’était pas un manque de motivation, ni un échec. J’étais en train de traverser une transition.

Je ne connaissais pas encore les travaux de William Bridges. Lorsque je les ai découverts, plusieurs années plus tard, j’ai eu la sensation qu’il mettait enfin des mots sur ce que j’avais vécu. Il explique une chose essentielle : le changement est extérieur, la transition est intérieure. On peut changer de métier, de maison, de partenaire de vie … sans jamais réussir ce changement car cela nécessite de vivre une transition, une transformation profonde. À l’inverse, on peut rester dans le même environnement et s’y adapter, tout en vivant un immense bouleversement intérieur qui va amener un changement extérieur. C’est précisément ce qui m’est arrivé : la suradaptation jusqu’à se rendre parfois malade pour que le changement s’opère.

Photo de Aditya Saxena

Cette période m’a conduite à remettre en question beaucoup de mes certitudes et illusions. Pendant des années, j’avais évolué dans un univers où la santé était principalement abordée sous l’angle de la maladie. J’ai participé à des ateliers pour « apprendre à vivre avec » la maladie. Sauf que ce n’était pas suffisant pour moi : je voulais « sortir de la maladie », guérir et VIVRE ! Je découvrais peu à peu une autre réalité. Celle qui nous amène à :

  • adopter une autre manière de vivre,
  • changer son rapport au stress,
  • apprivoiser ses émotions,
  • comprendre et identifier nos besoins,
  • vouloir donner du sens à ce que nous traversons.

J’ai ainsi commencé à me former à différentes approches (Coaching, PNL, hypnose, éducation à la santé, émotions, compétences psychosociales, entretien motivationnel, leadership transformationnel …) qui sont venues enrichir ma formation de base en neurobiologie. Non pas parce que je rejetais en bloc tout ce que j’avais appris avant, mais parce que j’avais soif de comprendre pour agir, et parce qu’il y avait d’autres façons de voir les choses pour agir. Et que comprendre est une chose mais « ressentir », surtout lorsque l’on est très mental(e), c’est autre chose. Or les émotions se vivent dans le corps, pas dans la tête. Nous avons plutôt tendance à privilégier le mental, et à tourner en boucle dans notre tête et ne prendre soin de notre corps que lorsqu’il souffre.

Combien d’entre nous apprennent réellement à écouter leurs émotions avant que le corps dise STOP ?

Pendant longtemps, j’ai refoulé certaines émotions parce qu’elles étaient inconfortables pour moi :

  • La tristesse
  • La colère
  • La culpabilité et la honte
  • La peur …

Je voulais m’en débarrasser. Mettre le plus de distance possible avec elles, et surtout la culpabilité qui était masquée par d’autres émotions. Aujourd’hui, je les regarde comme des messagères : comme ces bips sur les voitures qui préviennent qu’un danger est là pour mieux me sécuriser.

  • La peur m’a appris que quelque chose comptait profondément pour moi : la sécurité,
  • La colère m’a montré ce qui n’était plus acceptable et où je devais mettre mes limites,
  • La tristesse m’a permis de faire le deuil de certains chapitres de vie auxquels je restais accrochée,
  • Quant à la culpabilité, elle a sans doute été l’émotion qui m’a le plus longtemps retenue.

Parce qu’elle me faisait croire que vouloir une autre vie revenait à trahir celle que j’avais construite.

  • Comment quitter un métier que j’avais aimé ?
  • Comment renoncer à une identité qui m’avait tant sécurisée ?
  • Comment accepter que ce qui avait été juste pendant des années ne le soit plus aujourd’hui ?

Je crois que beaucoup de personnes vivent cette même culpabilité. Pas seulement lorsqu’elles souhaitent changer de métier. Mais lorsqu’elles commencent à vouloir vivre autrement. Je l’ai beaucoup observé dans mes accompagnements à perte de poids, au surpoids, à l’obésité et à l’arrêt du tabac.

Ralentir, prendre soin de soi, mettre des limites, dire non, choisir ce qui est juste et fait sens pour soi. Comme si écouter ce qui est vivant en soi revenait automatiquement à devenir égoïste. Avec le recul, je comprends que cette culpabilité ne parlait pas de morale. Elle parlait de fidélité à l’identité que j’avais construite. Alors qu’une autre cherchait à émerger : plus mature émotionnellement, qui m’invitait à prendre la responsabilité de choisir ma vie et donc de renoncer à ce qui ne faisait plus sens. Si je voulais guérir, je devais renoncer à être une victime impuissante et résignée face à la maladie.

Si je fais ce métier de coach aujourd’hui (et depuis 17 ans), ce n’est pas parce que j’ai trouvé toutes les réponses. C’est parce que j’aime développer le potentiel des personnes, et que je connais cette zone de confusion où l’on ne se reconnaît plus tout à fait. Celle où l’on hésite entre rester fidèle à ce que l’on a toujours été et écouter ce qui cherche doucement à naître. Je sais combien cette période peut être déroutante. Je sais aussi combien elle peut devenir féconde lorsqu’on cesse de vouloir aller trop vite. Je ne crois plus que notre rôle soit de « lutter contre » nos émotions, la maladie … Je crois qu’il est nécessaire d’apprendre à les écouter autrement : pas comme des obstacles pour nous empêcher d’avancer mais plutôt des clés pour évoluer.

Le nom de mon blog n’est pas arrivé par hasard. Pendant longtemps, j’ai cru que choisir sa vie signifiait prendre de grandes décisions. Aujourd’hui, je crois que cela commence beaucoup plus simplement.

Parce que nous changeons, parce que la vie nous change, parce qu’il arrive un moment où rester fidèle à nos anciennes habitudes devient plus douloureux que d’oser avancer.

Je n’accompagne pas simplement des personnes à apprivoiser et mieux gérer leurs émotions. J’accompagne des femmes et des hommes qui sentent que leur ancienne vie ne leur ressemble plus tout à fait. Des personnes qui traversent cet « entre-deux » où l’ancien ne nourrit plus, alors que le nouveau n’est pas encore clairement visible. Je les accompagne à comprendre ce qui se joue à l’intérieur d’elles, à retrouver des repères et à laisser émerger ce qui cherche déjà à prendre sa place. Parce que je crois profondément qu’une épreuve de vie comme la maladie peut être le tremplin vers une vie plus épanouissante si l’on apprend à traverser en conscience la transition de vie qui l’accompagne.

Il y a quelques jours, j’ai eu la joie d’échanger avec Philippe Ferrer, de la chaine You tube « On ne vous demande pas d’y croire » autour de ce parcours, de cette reconversion et de ma vision de la santé*, des émotions, de la vie.

Je vous laisse découvrir cette interview si vous en avez envie. Et si, en la regardant ou en lisant cet article, vous vous dites : « çà me parle ; j’ai l’impression que ma vie ne me ressemble plus… » Alors peut-être n’êtes-vous pas en train de vous perdre mais simplement en train de traverser une « crise » de vie. Et c’est là que commence la plus belle des aventures : choisir sa vie ! Avec le recul, je comprends que ce que j’ai vécu, comme d’autres, porte un nom. Je vous en parlerai dans mon prochain article.

Vous n’avez pas besoin de continuer à fuir votre vie. Vous avez peut-être besoin de retrouver le lien avec ce qui vous rend vivant ?

Pour commencer à apprivoiser vos émotions :  Arrêter de tout contrôler

Apprendre à réguler vos émotions c’est aussi transformer la peur de l’inconnu en aventure !

Au plaisir de vous lire en commentaire !

A la semaine prochaine !

Carole  Coach | Emotions & Santé* intégrative

*mes actions ne remplacent ni un avis ni un suivi médical

Pour commencer à apprivoiser vos émotions :  Arrêter de tout contrôler

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5 secrets des Zones Bleues pour une vie sereine

Cette semaine, j’avais envie de revenir sur ces « Blues Zones » et sur leur façon de voir la vie, en lien avec le stress financier. Avez vous remarqué quand vous prêtez l’oreille aux sujets de conversations des personnes dans la rue, au café … à quel point l’argent revient dans les conversations ? Peut-être est-ce une source d’inquiétude pour vous aussi ? Sans pour autant que les personnes se rendent compte du fait que l’argent peut générer un stress chronique. J’en parlerai la semaine prochaine, parce que choisir sa vie c’est aussi faire des choix financiers. Aussi cet article vise à montrer comment les habitudes de vie des Zones Bleues pourraient aider à mieux vivre notre stress et nos émotions au quotidien.

1. Les Zones Bleues, des laboratoires naturel du bien vivre

Imaginez des régions du monde où les centenaires ne sont pas des exceptions, mais presque la norme. Où l’on vit non seulement plus longtemps, mais surtout mieux : avec plus de joie, de sérénité et de sens.

Photo de Raj Adhikari

Comme évoqué dans mon précédent article, ces endroits du monde, baptisés Zones Bleues par le chercheur Dan Buettner (National Geographic), sont au nombre de cinq : Okinawa (Japon), la Sardaigne (Italie), Nicoya (Costa Rica), Ikaria (Grèce) et Loma Linda (Californie, communauté adventiste). Ce qui fascine dans ces zones, ce n’est pas seulement la longévité exceptionnelle, mais la qualité de vie « émotionnelle« . Contrairement à nos sociétés modernes souvent marquées par l’anxiété, la peur du manque, la solitude, voire l’angoisse existentielle, les habitants des Zones Bleues cultivent un art de vivre centré sur les liens humains, un sens profond de l’existence et une confiance dans le collectif pour résoudre les problématiques.

Dans l’étude des 2016 Blue Zones: Lessons From the World’s Longest Lived. parue dans l’American Journal of Lifestyle Médecine, Dan Buettner et son équipe ont mis en évidence neuf points communs aux centenaires du monde entier, qui contribueraient à ralentir le processus de vieillissement.

  1. Bouger naturellement et continuellement, sans même y penser : jardinage, ménage … pas de marathon ou autre
  2. Connaitre le sens de sa vie : savoir pourquoi on se lève le matin pourrait prolonger l’espérance de vie de 7 ans,
  3. Ralentir et se détendre : prière, sieste, rituel aux ancêtres, … pour réduire le stress et les maladies liées à l’âge,
  4. Hara hachi bu : s’arrêter de manger quand l’estomac est rempli à 80 % ; manger peu en fin de journée,
  5. Manger principalement végétal : surtout des fèves, haricots noirs, soja et lentilles, et peu de viande
  6. Boire modérément et régulièrement : partager entre amis 1 ou 2 verres de vin par jour et/ou au cours d’un repas,
  7. Appartenir à une communauté : aller à la messe 4 fois par mois augmenterait l’espérance de vie de 4 à 14 ans,
  8. Vivre en famille : garder parents et grands-parents âgés à proximité, être en couple et s’occuper des enfants,
  9. Appartenir à un groupe social favorisant des comportements sains : groupes de cinq amis liés à vie (les moais*)

2. La sécurité émotionnelle par les liens profonds

Au cœur du bien-être émotionnel des Zones Bleues se trouve un filet de sécurité relationnel extrêmement solide. Les habitants ne sont presque jamais seuls face aux difficultés de la vie. Cette appartenance constante agit comme un bouclier contre l’anxiété, la dépression et l’isolement.

Les études associées aux Zones Bleues montrent que ces liens forts réduisent l’inflammation liée au stress chronique et augmentent la résilience émotionnelle.

La solitude, qui équivaudrait à fumer 15 cigarettes par jour selon certaines recherches, y est presque inexistante.

Résultat : plus de gratitude, de joie et de sérénité au quotidien.

Photo de Shane Rounce

À Okinawa, le concept central est le * moai : des groupes de 5 amis formés dès l’enfance et qui durent toute la vie. Ces « tribus » se réunissent régulièrement pour discuter, rire, partager des repas et s’entraider. Les centenaires interrogés expliquent souvent que savoir « qu’il y aura toujours quelqu’un » leur procure une paix profonde. Les moai offrent un soutien émotionnel inconditionnel qui dilue les émotions négatives. En Sardaigne et à Nicoya, c’est la famille élargie et les voisins qui jouent ce rôle. On vit souvent en multi-générationnel, on s’occupe naturellement des aînés, on mange ensemble et on rit beaucoup. À Loma Linda, la communauté de foi renforce ce sentiment d’appartenance : on n’est jamais seul dans l’univers.

Différentes études montrent que les relations sociales profondes et solides, réduiraient le cortisol et donc le stress, ainsi que le risque de maladies cardiovasculaires. Alors que l’isolement social serait associé à diverses problématiques de santé : troubles mentaux, détresse émotionnelle plus ou moins grave, mortalité prématurée, tabagisme, sédentarité, troubles du sommeil, hypertension artérielle, baisse durable du bien-être … (Cacioppo et al., 2002, Grant et al., 2009, Shankar, A., Rafnsson, S.B. et Steptoe, A.,2015). L’Organisation Mondiale de la santé, dans un article de 2025, estime qu’environ 1 personne sur 6 se sentirait seule dans le monde, et cela serait plus marqué encore chez les jeunes. Or, la solitude et l’isolement social peuvent être mortels, pas simplement émotionnels. (100 décès par heure liés à la solitude entre 2014 et 2019). Si les relations sociales saines ont montré un impact positif sur la santé et le bien-être, ce n’est pas le cas des relations toxiques.

3. Ikigai et plan de vie : une vision positive ancrée dans le quotidien

L’un des piliers les plus puissants des Zones Bleues est le sens donné à sa vie.

À Okinawa, on parle d’Ikigai : la raison d’être ou ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue ».

À Nicoya, on utilise l’expression plan de vida ou pourquoi je me lève le matin. Ce n’est pas une grande quête existentielle, mais une raison simple, concrète et renouvelée chaque jour. Cette vision positive repose sur le sentiment d’être utile.

Photo de Shreesha bhat

Même à 90 ou 100 ans, les personnes continuent de jardiner pour la famille, de s’occuper des petits-enfants, d’aider les voisins ou de pratiquer un petit travail manuel. Il n’y a pas de « retraite » brutale qui crée un vide : elles restent actives physiquement et socialement, ce qui maintient la vitalité et le bien-être émotionnel.

Posséder un Ikigai clair réduirait le risque de mortalité de près de 15 % et ferait gagner jusqu’à 7 ans d’espérance de vie. Pourquoi ? Parce que cela protègerait du stress chronique et donnerait une motivation naturelle. Il ne s’agit pas d’une recherche effrénée du bonheur permanent, qui conduit finalement à la frustration.

4. La connexion à plus grand que soi

Les centenaires de ces zones cultivent la gratitude pour les petites choses, l’honneur des ancêtres à Okinawa, la foi à Loma Linda, lestraditions communautaires en Sardaigne et Ikaria.

Le but de vie est tourné vers le collectif : la famille, la communauté ou une dimension spirituelle.

Cette approche positive de la vie n’est pas naïve. Elle est ancrée dans le réel : on accepte les difficultés, on les traverse avec le soutien du groupe et un sens qui dépasse le simple confort personnel.

Je relie cela à la capacité de s’émerveiller : cela n’empêche pas les évènements de la vie, mais cultiver l’émerveillement permet de garder un vision positive même quand le contexte est difficile. Et c’est une capacité : il est possible d’apprendre à la développer et à cultiver cette émotion ressource.

Photo de Hc Digital

AInsi l’Ikigai relie l’individu à quelque chose de plus grand que lui : famille, communauté, ancêtres, nature ou spirituel. Cette connexion procure un sentiment de sens profond et nourrit une sérénité durable.

5. L’Absence de Peur du Manque et le Rapport Serein à l’Argent

C’est sans doute le secret le plus surprenant ! Dans les Zones Bleues, dont beaucoup sont modestes économiquement, la peur du manque est quasi inexistante. Le secret ? Le moai, dont j’ai parlé plus haut.

Le moai est une tradition ancestrale d’Okinawa qui invite à redécouvrir l’importance des liens humains et leurs bénéfices :

  • Les membres d’un moai se réunissent régulièrement pour partager des repas, discuter et s’entraider,
  • Ce lien profond favorise un sentiment d’appartenance et de sécurité, réduisant le stress et améliorant la qualité de vie,
  • Les repas sont composés d’une alimentation saine, couplée à un mode de vie actif,
  • Ils offrent une aide financière, émotionnelle et sociale à leurs membres.

Ils fonctionnent comme une assurance informelle : depuis des siècles, les membres mettent de l’argent en commun pour aider en cas de maladie, de décès du conjoint ou de coup dur. L’esprit d’entraide (yuimaru), fait que la communauté devient une véritable protection. Les centenaires interrogés disent : « Si je manque de quelque chose, je sais que quelqu’un va intervenir. » Cette confiance collective supprime l’angoisse individuelle du « et si je n’avais pas assez ? ».

Ils vivent avec peu, en toute simplicité : ils cultivent leur jardin, partagent, ont peu de besoins matériels, la richesse résidant dans la sécurité affective et les relations. Même en cas de soucis financiers, les rituels de détente (sieste, prière, moments avec les amis et voisins, souvenir des ancêtres) et le soutien du groupe empêchent que le stress et l’inquiétude ne deviennent chroniques.

Dans les autres zones, la famille et le village jouent le même rôle protecteur. En résumé, ils n’ont pas peur du manque parce que leur système de sécurité est relationnel avant d’être monétaire.

5. En conclusion : si on appliquait les leçons des Zones Bleues ?

Les Zones Bleues nous montrent qu’en cultivant des relations profondes comme les moai, en restant relié.e à ce qui nous donne envie de nous lever le matin et quelque chose de plus grand (famille, communauté, valeurs, foi, nature …), nous pouvons apprivoiser nos émotions et notre stress, y compris financier. Et également avoir un impact pour les générations futures. Vous n’avez pas besoin de déménager à Okinawa pour commencer !

Et si les secrets des centenaires pouvaient vous aider à apaiser votre mental, réguler vos émotions et transformer votre santé durablement ?

Que vous inspirent ces Zones Bleues ?

Au plaisir de vous lire en commentaire !

A la semaine prochaine !

Carole  Coach | Emotions & Santé* intégrative

*mes actions ne remplacent ni un avis ni un suivi médical

Bienvenue dans « Choisir ta vie » ! Si vous êtes nouveau ici, vous aurez surement envie de lire mon guide qui vous explique comment commencer à à vous affranchir de la culpabilité et du contrôle pour une vie choisie : cliquez ici pour télécharger le guide gratuitement

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Épigénétique, mode de vie et émotions : si votre vie n’était pas écrite d’avance ?

Cette semaine, je vous partage ce qui fait que je m’intéresse tant aux émotions, et aux facteurs de prévention et de guérison des maladies chroniques. Car lorsque j’avais eu l’annonce en 2013 de ma spondy, j’ai toujours su au fond de moi que c’était réversible, quoi que l’on me dise. Qu’elle n’était là que pour me remettre sur ma vraie mission de vie, en lien avec la santé, ma vocation depuis que j’ai 6 ans. Et surtout, j’étais déterminée à en sortir, et c’est chose faite aujourd’hui. En effet, pendant longtemps, nous avons cru que tout se jouait dans nos gènes. Que notre santé, notre tempérament, nos fragilités… étaient en quelque sorte programmés dès la naissance. N’entendons nous pas souvent :  » mais dans la famille on est tous …  » ?

Mais aujourd’hui, un jeune domaine scientifique vient profondément changer notre regard, comme expliqué dans cet article de The Conversation : c’est l’épigénétique.

🧬 1. Génétique vs épigénétique : comprendre la différence

« L’épigénétique, une toute jeune discipline scientifique, a pour objectif d’expliquer comment, quand et avec quelle intensité chaque cellule contrôle le fonctionnement de chacun de ses gènes, en lien avec son environnement. En effet, toutes les cellules qui constituent un individu possèdent la même collection de gènes (le même génome), pourtant, chacune d’entre elles a une fonction différente parce que chaque cellule n’utilise qu’une petite fraction de ses gènes. »

Corinne Augé – Professeur en génétique moléculaire et biotechnologie
Sylvaine Renault – Enseignant-chercheur en Génétique moléculaire
Université de Tours

Pour simplifier,

  • L’ADN (génome) serait le disque dur → il contient toutes les informations.
  • L’épigénome serait le logiciel → il décide quels programmes sont activés… ou non.

Autrement dit : on ne change pas les gènes mais on peut influencer leur expression de part notre mode de vie. Notre alimentation, notre niveau de stress, notre activité physique, notre monde émotionnel … influencent directement ce qui s’active dans notre corps. C’est le grand apport des zones bleues, ces endroits du monde où il y a le plus de centenaires et qui nous enseignent sur la longévité.

Ainsi, Choisir ta vie, c’est un art de vivre quotidien.

2. Les Zones Bleues : la preuve vivante que notre mode de vie impacte nos gènes

Parmi les facteurs qui influencent notre épigénome, les « Zones Bleues » offrent l’exemple le plus inspirant et le plus concret. Ce sont ces régions du monde où les gens vivent jusqu’à 100 ans (et plus !) en pleine forme, avec très peu de maladies chroniques.

Photo de Hartono Creative Studio

Identifiées par Dan Buettner, explorateur pour National Geographic, les cinq régions les plus connues sont :

  • Okinawa (Japon),
  • la Sardaigne (Italie),
  • la péninsule de Nicoya (Costa Rica),
  • Ikaria (Grèce)
  • Loma Linda (Californie, USA).

Là-bas, on vit en moyenne 10 à 12 ans de plus qu’ailleurs, en bonne santé. La recherche a montré que la génétique ne compterait que pour 20 % ; 80 % de la longévité serait expliquée par le mode de vie. Exactement ce que l’épigénétique nous enseigne : votre environnement, vos habitudes et vos émotions allument ou éteignent vos gènes sans les modifier.

3. Les principes communs aux zones bleues

Dan Buettner et son équipe ont identifié des principes communs :

Bouger naturellement : marche, jardinage, tâches ménagères …

Trouver son ikigaï = une raison claire de se lever le matin, ce qui donne du sens à sa vie et réduit les ruminations,

Gestion du stress au quotidien, comme faire la sieste, partager le thé avec ses amis …

Arrêter de manger quand on est rassasié à 80 %,

Manger majoritairement végétal : légumes, légumineuses, céréales complètes, poissons et viandes à l’occasion

Avoir un lien social de qualité et positif : famille y compris les anciens, amis …

Cultiver une vision positive de la vie et croire en quelque chose de plus grand

Photo de julien Tromeur

Des recherches montrent que ces facteurs influencent des mécanismes comme :

  • la méthylation de l’ADN
  • l’expression des gènes
  • les réactions inflammatoires
  • la régulation du stress

Ainsi, changer de mode de vie permet entre autre de réduire le stress chronique et l’inflammation, améliorer la résilience et la régulation des hormones de stress.

Lors d’une récente conférence sur la thématique du bien vieillir et de la longévité, Eric Simard, docteur en biologie et chercheur dans le domaine du vieillissement évoquait l’importance d’une attitude positive envers la vie, du lien social, et de la gestion du stress et des émotions. Souvent, nous agissons sur l’alimentation et l’activité physique, mais les autres facteurs, et notamment émotionnels compte énormément.

C’est d’ailleurs ce que le Professeur Cyril Tarquinio (Professeur de psychologie à l’Université de Lorraine (Metz)) met en évidence dans son livre « les maladies ne tombent peut-être pas du ciel » , en montrant le lien entre des évènements difficiles vécus dans l’enfance et l’apparition de maladies chroniques à l’âge adulte. Les émotions refoulées ne disparaissent pas mais trouvent d’autres chemins : tensions, douleurs, fatigue, addictions, maladie …

L’épigénétique devient une source d’espoir parce si l’environnement peut avoir un impact négatif sur notre santé et bien-être, il peut aussi avoir une influence positive. Et par le changement de notre mode de vie, nous pouvons changer la done. C’est d’ailleurs mon propre parcours.

4. Hygiène émotionnelle au quotidien

Apprivoiser ses émotions, c’est une véritable hygiène de vie, aussi essentielle que se brosser les dents.

Après avoir changé mon alimentation et récupéré mon périmètre de marche ainsi que ma vitesse, est venu le temps du travail émotionnel. Pour l’anecdote, j’ai mis un an pour retrouver confiance dans mes capacités physiques, et je remercie du fond du coeur mon petit spitz, mon chien Jeff, à qui je dois tant pour cela🙏.

Le plus long a été le travail sur le sentiment d’impuissance et l’estime de moi, et ce cocktail émotionnel de tristesse, colère, dégout, culpabilité, honte … tout entremêlé. Toutes ces compétences à faire face en lien avec la reprise de mon pouvoir personnel, mon pouvoir d’agir (empowerment) que j’avais choisis de redévelopper. Il était comme perdu avec la maladie. C’est en me formant ensuite au leadership transformationnel que j’ai découvert mon besoin d’apprendre à réguler mes émotions et non plus à les refouler, pensant ainsi les gérer. Prendre conscience que je ne pourrais guérir en restant dans un environnement devenu toxique pour moi et qu’il me fallait quitter pour ma santé et bien-être.

Réapprivoiser tout mon monde émotionnel, me le réapproprier, a été tout un chemin de prise de conscience de mes besoins et de mes limites, un chemin d’affirmation de ma personnalité. Si j’ai toujours été hyperémotive, je ne l’avais jamais accepté comme partie intégrante de mon identité. J’ai toujours « lutté contre », sans jamais reconnaitre cette facette de moi. Accepter mon hypersensibilité, en faire une force, puis développer des émotions ressources. Une vraie transition de vie, d’une identité de victime impuissante de la maladie, à leader, guérie et fière, de ma vie. Aujourd’hui, la maladie chronique est derrière moi. J’ai choisis ma vie : vivre le plus longtemps possible en bonne santé. Etre en santé, cela s’apprend et se cultive ! Je le vois comme un art de vivre au quotidien.

Alors, pas besoin de déménager à Okinawa ! En intégrant progressivement ces 4 principes chez vous, vous aussi vous pouvez agir et créer votre propre « mini-Zone Bleue » dès à présent.

4 pratiques simples

1.Première étape, observer sans juger :

  • Le ratio émotions déplaisantes / plaisantes (idéal : 1 pour 3 à 5)
  • La durée, la chronicité et l’intensité de vos émotions
  • Les signaux du corps (tensions, douleurs, digestion …)
  • Les ruminations mentales et les comportements compensatoires (grignotage, procrastination, excès …)
  • L’impact sur vos relations, votre travail, votre sommeil

Photo de Sam Carter

Puis une pratique que vous pouvez utiliser chaque jour :

2. Respirer : 3 grandes inspirations-expirations ou 5 minutes de cohérence cardiaque

3. Scan corporel : yeux fermés, une main sur le ventre, une sur la poitrine. Observez le rythme, la température, les tensions, l’énergie digestive.

4. Activer des émotions ressources : comme la gratitude, la sérénité, …

Intégrez cette hygiène émotionnelle dans votre routine du matin ou du soir et vous verrez : votre corps, votre humeur et même vos relations vont se transformer ! Si vous sentez que vous stagnez dans émotions désagréables, et que vous manquez de soutien émotionnel, osez vous faire aider : ami, thérapeute, coach, mentor … Rappelez vous : une vision positive de la vie et le lien social sont cruciaux pour modifier votre trajectoire de vie et santé !

5. En conclusion

L’épigénétique nous rappelle une chose essentielle : rien n’est figé ! Et nous avons le pouvoir de changer notre trajectoire de vie. Apprivoiser ses émotions, changer de mode de vie c’est une voie d’accès pour enfin Vivre pleinement.

Qu’en dites vous ?

Au plaisir de vous lire en commentaire !

A la semaine prochaine !

Carole  Coach | Emotions & Santé* intégrative

*mes actions ne remplacent ni un avis ni un suivi médical

Bienvenue dans « Choisir ta vie » ! Si vous êtes nouveau ici, vous aurez surement envie de lire mon guide qui vous explique comment commencer à à vous affranchir de la culpabilité et du contrôle pour une vie choisie : cliquez ici pour télécharger le guide gratuitement

Photo de couverture de l’article : Sangharsh Lohakare

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