Épigénétique, mode de vie et émotions : si votre vie n’était pas écrite d’avance ?

Cette semaine, je vous partage ce qui fait que je m’intéresse tant aux émotions, et aux facteurs de prévention et de guérison des maladies chroniques. Car lorsque j’avais eu l’annonce en 2013 de ma spondy, j’ai toujours su au fond de moi que c’était réversible, quoi que l’on me dise. Qu’elle n’était là que pour me remettre sur ma vraie mission de vie, en lien avec la santé, ma vocation depuis que j’ai 6 ans. Et surtout, j’étais déterminée à en sortir, et c’est chose faite aujourd’hui. En effet, pendant longtemps, nous avons cru que tout se jouait dans nos gènes. Que notre santé, notre tempérament, nos fragilités… étaient en quelque sorte programmés dès la naissance. N’entendons nous pas souvent :  » mais dans la famille on est tous …  » ?

Mais aujourd’hui, un jeune domaine scientifique vient profondément changer notre regard, comme expliqué dans cet article de The Conversation : c’est l’épigénétique.

🧬 1. Génétique vs épigénétique : comprendre la différence

« L’épigénétique, une toute jeune discipline scientifique, a pour objectif d’expliquer comment, quand et avec quelle intensité chaque cellule contrôle le fonctionnement de chacun de ses gènes, en lien avec son environnement. En effet, toutes les cellules qui constituent un individu possèdent la même collection de gènes (le même génome), pourtant, chacune d’entre elles a une fonction différente parce que chaque cellule n’utilise qu’une petite fraction de ses gènes. »

Corinne Augé – Professeur en génétique moléculaire et biotechnologie
Sylvaine Renault – Enseignant-chercheur en Génétique moléculaire
Université de Tours

Pour simplifier,

  • L’ADN (génome) serait le disque dur → il contient toutes les informations.
  • L’épigénome serait le logiciel → il décide quels programmes sont activés… ou non.

Autrement dit : on ne change pas les gènes mais on peut influencer leur expression de part notre mode de vie. Notre alimentation, notre niveau de stress, notre activité physique, notre monde émotionnel … influencent directement ce qui s’active dans notre corps. C’est le grand apport des zones bleues, ces endroits du monde où il y a le plus de centenaires et qui nous enseignent sur la longévité.

Ainsi, Choisir ta vie, c’est un art de vivre quotidien.

2. Les Zones Bleues : la preuve vivante que notre mode de vie impacte nos gènes

Parmi les facteurs qui influencent notre épigénome, les « Zones Bleues » offrent l’exemple le plus inspirant et le plus concret. Ce sont ces régions du monde où les gens vivent jusqu’à 100 ans (et plus !) en pleine forme, avec très peu de maladies chroniques.

Photo de Hartono Creative Studio

Identifiées par Dan Buettner, explorateur pour National Geographic, les cinq régions les plus connues sont :

  • Okinawa (Japon),
  • la Sardaigne (Italie),
  • la péninsule de Nicoya (Costa Rica),
  • Ikaria (Grèce)
  • Loma Linda (Californie, USA).

Là-bas, on vit en moyenne 10 à 12 ans de plus qu’ailleurs, en bonne santé. La recherche a montré que la génétique ne compterait que pour 20 % ; 80 % de la longévité serait expliquée par le mode de vie. Exactement ce que l’épigénétique nous enseigne : votre environnement, vos habitudes et vos émotions allument ou éteignent vos gènes sans les modifier.

3. Les principes communs aux zones bleues

Dan Buettner et son équipe ont identifié des principes communs :

Bouger naturellement : marche, jardinage, tâches ménagères …

Trouver son ikigaï = une raison claire de se lever le matin, ce qui donne du sens à sa vie et réduit les ruminations,

Gestion du stress au quotidien, comme faire la sieste, partager le thé avec ses amis …

Arrêter de manger quand on est rassasié à 80 %,

Manger majoritairement végétal : légumes, légumineuses, céréales complètes, poissons et viandes à l’occasion

Avoir un lien social de qualité et positif : famille y compris les anciens, amis …

Cultiver une vision positive de la vie et croire en quelque chose de plus grand

Photo de julien Tromeur

Des recherches montrent que ces facteurs influencent des mécanismes comme :

  • la méthylation de l’ADN
  • l’expression des gènes
  • les réactions inflammatoires
  • la régulation du stress

Ainsi, changer de mode de vie permet entre autre de réduire le stress chronique et l’inflammation, améliorer la résilience et la régulation des hormones de stress.

Lors d’une récente conférence sur la thématique du bien vieillir et de la longévité, Eric Simard, docteur en biologie et chercheur dans le domaine du vieillissement évoquait l’importance d’une attitude positive envers la vie, du lien social, et de la gestion du stress et des émotions. Souvent, nous agissons sur l’alimentation et l’activité physique, mais les autres facteurs, et notamment émotionnels compte énormément.

C’est d’ailleurs ce que le Professeur Cyril Tarquinio (Professeur de psychologie à l’Université de Lorraine (Metz)) met en évidence dans son livre « les maladies ne tombent peut-être pas du ciel » , en montrant le lien entre des évènements difficiles vécus dans l’enfance et l’apparition de maladies chroniques à l’âge adulte. Les émotions refoulées ne disparaissent pas mais trouvent d’autres chemins : tensions, douleurs, fatigue, addictions, maladie …

L’épigénétique devient une source d’espoir parce si l’environnement peut avoir un impact négatif sur notre santé et bien-être, il peut aussi avoir une influence positive. Et par le changement de notre mode de vie, nous pouvons changer la done. C’est d’ailleurs mon propre parcours.

4. Hygiène émotionnelle au quotidien

Apprivoiser ses émotions, c’est une véritable hygiène de vie, aussi essentielle que se brosser les dents.

Après avoir changé mon alimentation et récupéré mon périmètre de marche ainsi que ma vitesse, est venu le temps du travail émotionnel. Pour l’anecdote, j’ai mis un an pour retrouver confiance dans mes capacités physiques, et je remercie du fond du coeur mon petit spitz, mon chien Jeff, à qui je dois tant pour cela🙏.

Le plus long a été le travail sur le sentiment d’impuissance et l’estime de moi, et ce cocktail émotionnel de tristesse, colère, dégout, culpabilité, honte … tout entremêlé. Toutes ces compétences à faire face en lien avec la reprise de mon pouvoir personnel, mon pouvoir d’agir (empowerment) que j’avais choisis de redévelopper. Il était comme perdu avec la maladie. C’est en me formant ensuite au leadership transformationnel que j’ai découvert mon besoin d’apprendre à réguler mes émotions et non plus à les refouler, pensant ainsi les gérer. Prendre conscience que je ne pourrais guérir en restant dans un environnement devenu toxique pour moi et qu’il me fallait quitter pour ma santé et bien-être.

Réapprivoiser tout mon monde émotionnel, me le réapproprier, a été tout un chemin de prise de conscience de mes besoins et de mes limites, un chemin d’affirmation de ma personnalité. Si j’ai toujours été hyperémotive, je ne l’avais jamais accepté comme partie intégrante de mon identité. J’ai toujours « lutté contre », sans jamais reconnaitre cette facette de moi. Accepter mon hypersensibilité, en faire une force, puis développer des émotions ressources. Une vraie transition de vie, d’une identité de victime impuissante de la maladie, à leader, guérie et fière, de ma vie. Aujourd’hui, la maladie chronique est derrière moi. J’ai choisis ma vie : vivre le plus longtemps possible en bonne santé. Etre en santé, cela s’apprend et se cultive ! Je le vois comme un art de vivre au quotidien.

Alors, pas besoin de déménager à Okinawa ! En intégrant progressivement ces 4 principes chez vous, vous aussi vous pouvez agir et créer votre propre « mini-Zone Bleue » dès à présent.

4 pratiques simples

1.Première étape, observer sans juger :

  • Le ratio émotions déplaisantes / plaisantes (idéal : 1 pour 3 à 5)
  • La durée, la chronicité et l’intensité de vos émotions
  • Les signaux du corps (tensions, douleurs, digestion …)
  • Les ruminations mentales et les comportements compensatoires (grignotage, procrastination, excès …)
  • L’impact sur vos relations, votre travail, votre sommeil

Photo de Sam Carter

Puis une pratique que vous pouvez utiliser chaque jour :

2. Respirer : 3 grandes inspirations-expirations ou 5 minutes de cohérence cardiaque

3. Scan corporel : yeux fermés, une main sur le ventre, une sur la poitrine. Observez le rythme, la température, les tensions, l’énergie digestive.

4. Activer des émotions ressources : comme la gratitude, la sérénité, …

Intégrez cette hygiène émotionnelle dans votre routine du matin ou du soir et vous verrez : votre corps, votre humeur et même vos relations vont se transformer ! Si vous sentez que vous stagnez dans émotions désagréables, et que vous manquez de soutien émotionnel, osez vous faire aider : ami, thérapeute, coach, mentor … Rappelez vous : une vision positive de la vie et le lien social sont cruciaux pour modifier votre trajectoire de vie et santé !

5. En conclusion

L’épigénétique nous rappelle une chose essentielle : rien n’est figé ! Et nous avons le pouvoir de changer notre trajectoire de vie. Apprivoiser ses émotions, changer de mode de vie c’est une voie d’accès pour enfin Vivre pleinement.

Qu’en dites vous ?

Au plaisir de vous lire en commentaire !

A la semaine prochaine !

Carole  Coach | Emotions & Santé* intégrative

*mes actions ne remplacent ni un avis ni un suivi médical

Bienvenue dans « Choisir ta vie » ! Si vous êtes nouveau ici, vous aurez surement envie de lire mon guide qui vous explique comment commencer à à vous affranchir de la culpabilité et du contrôle pour une vie choisie : cliquez ici pour télécharger le guide gratuitement

Photo de couverture de l’article : Sangharsh Lohakare

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