Stress, émotions et limites saines : pas besoin de toucher le fond pour vous choisir

un aigle volant au dessus d'une montagne enneigée, au coucher du soleil

On repousse le moment d’apprivoiser ses Ă©motions. On se dit toujours qu’on prendra du temps pour soi « plus tard ».

On se le promet souvent : « plus tard, je ralentirai », « plus tard, je m’occuperai de moi », « quand j’aurai fini ce projet, quand les enfants seront grands, quand ce sera plus calme », « quand je serai Ă  la retraite, je profiterai de la vie et je ferai ce que j’aime ». On a tendance Ă  repousser ce rendez-vous avec soi-mĂȘme, convaincu.e qu’il y aura toujours un moment plus appropriĂ©.

Pour ma part, je n’ai pas choisi ce moment-lĂ . C’est la vie qui l’a choisi Ă  ma place. Je ne voulais pas de cet arrĂȘt. Je ne l’ai pas demandĂ©. Et pourtant, c’est exactement ce dont j’avais besoin pour me retrouver. Sauf que … je ne le savais pas. Et peut-ĂȘtre en ĂȘtes vous lĂ  aussi aujourd’hui ?

À 38 ans, j’Ă©tais cadre dans l’industrie pharmaceutique, dĂ©lĂ©guĂ©e mĂ©dicale passionnĂ©e par mon mĂ©tier. La santĂ© a toujours Ă©tĂ© une des valeurs les plus importantes pour moi. Depuis que j’ai 6 ans j’ai un dĂ©sir de contribution dans ce domaine. J’avais la confiance des mĂ©decins avec qui je travaillais, un lien concret et utile : on parlait vraiment des patients, des interactions mĂ©dicamenteuses, des contre-indications. Je me sentais Ă  ma place, respectĂ©e pour mon Ă©thique professionnelle, enthousiaste, « comme un poisson dans l’eau » me disait-on, et cela m’a permis d’Ă©voluer rapidement et de me sentir Ă©panouie dans ma vie.

Puis il y a eu un premier plan social. C’Ă©tait en 2009. J’ai compris Ă  ce moment lĂ  que je ne maitrisais rien. Que la seule « valeur sure », c’Ă©tait moi-mĂȘme, en dĂ©veloppant ma capacitĂ© Ă  faire face Ă  ce que je ne pouvais pas contrĂŽler ( une Ă©ventuelle mutation, une perte d’emploi …) Aussi, si je voulais pouvoir choisir mon avenir et non subir, je devais investir en moi : me former et Ă©toffer mon CV. Puis il y a eu ce deuxiĂšme plan social. Du jour au lendemain, j’ai Ă©tĂ© catapultĂ©e vers un poste que je n’avais jamais voulu. Et malgrĂ© mes efforts, je n’ai pu ĂȘtre entendue. Je n’avais pas encore compris Ă  l’Ă©poque que l’extĂ©rieur agissait comme un miroir.

Mon corps a commencĂ© Ă  s’exprimer, Ă  « dire non » Ă  sa façon (douleurs, tensions musculaires, insomnies, fringales, …) bien avant que ma tĂȘte ne l’accepte. Ne sachant pas que j’avais des besoins et des limites, j’ai fait comme beaucoup : minimiser le stress que je vivais, m’oublier. J’ai luttĂ©, j’ai tenu bon, je me suis suradaptĂ©e. Jusqu’Ă  ce que mon corps finisse par tout arrĂȘter, avec une fatigue que je ne comprenais pas et des douleurs si prĂ©sentes que je n’entendais plus que ça. Ce que je ne pouvais ni voir, ni entendre, je n’ai plus eu le choix que de m’en occuper. Et finalement de nourrir mon besoin de sens, de comprendre pour agir et avancer. Pas seulement pour moi, mais aussi pour contribuer Ă  plus grand que moi. Ce qui, en bonne scientifique que je suis au dĂ©part, m’a amenĂ© Ă  m’intĂ©resser et Ă  me former en premier lieu Ă  tout ce qui pouvait m’aider Ă  moins souffrir (alimentation, activitĂ© physique, hypnose, coaching ….), puis de fil en aiguille, au leadership transformationnel et Ă  l’affirmation de soi, puis au stress et aux Ă©motions. Pour me tourner vers l’accompagnement.

Ce n’est pas dire que les Ă©motions « causent » tout de façon simpliste. C’est simplement reconnaĂźtre que le corps et le psychisme sont profondĂ©ment liĂ©s, et que le corps exprime ce que parfois on ne sait pas mettre en mots. La recherche l’Ă©claire sous diffĂ©rents angles, comme par exemple (liste non exhaustive) :

  • Le stress chronique dĂ©rĂšglerait le systĂšme immunitaire : une Ă©tude publiĂ©e en 2025 dans l’International Journal of Molecular Sciences (MDPI) explique comment le stress chronique perturberait l’axe hypothalamo-hypophyso-surrĂ©nalien et le cortisol, ce qui favoriserait un Ă©tat pro-inflammatoire.
  • La psychoneuroimmunologie (PNI) : Ă©tudie comment le systĂšme nerveux , le systĂšme hormonal et le systĂšme immunitaire interagissent entre eux. Selon l’IFMI (Institut Français de Micro-ImmunothĂ©rapie), chaque fois que l’on ressent une Ă©motion (stress, joie, tristesse … ) ou que l’on a une pensĂ©e, ce rĂ©seau enverrait des signaux pouvant influencer notre systĂšme immunitaire qui va adapter sa rĂ©ponse. « Si le stress aigu peut temporairement renforcer votre rĂ©silience, le stress chronique dĂ©sĂ©quilibre votre systĂšme immunitaire ». Ainsi, nos pensĂ©es et nos Ă©motions influenceraient notre santĂ© physique et notre bien-ĂȘtre au quotidien.
  • Le professeur Cyril Tarquinio, psychologue et psychothĂ©rapeute, dans son ouvrage « Les maladies ne tombent peut-ĂȘtre pas du ciel« , dĂ©veloppe l’idĂ©e qu’il existerait un lien entre notre histoire de vie et les maladies que va dĂ©clencher notre corps. « Douleurs chroniques, migraines, crampes au ventre, maux de dos, troubles cardio-vasculaires, cancers
 Ces maladies ne sont pas seulement le signe physique d’un dĂ©rĂšglement de notre organisme, elles sont aussi un signal fort que quelque chose ne va pas dans notre mental.« 
  • Le docteur Bernie Siegel, chirurgien amĂ©ricain, l’un des pionniers de la mĂ©decine corps / esprit, a Ă©tudiĂ© ce qu’il appelle les « patients extraordinaires » : ces personnes qui expriment librement leurs Ă©motions et restent actrices de leur prise en charge.

C’est exactement ce que j’ai vĂ©cu : un corps qui exprimait, Ă  sa façon, ce que je n’Ă©tais pas en capacitĂ© de voir ni d’entendre. Et peut-ĂȘtre est-ce votre cas aussi ?

AprĂšs cet arrĂȘt forcĂ©, les effondrements se sont enchaĂźnĂ©s : plan social, divorce, trois dĂ©mĂ©nagements en deux mois, dĂ©mission, fermeture de ma premiĂšre entreprise … dĂšs que j’ai senti mon corps rĂ©agir comme la premiĂšre fois. Lorsque l’on a construit son identitĂ© autour d’un travail et d’une certaine vision de la famille, qui occupaient toute votre vie, nous perdons nos repĂšres et ne savons plus qui nous sommes. Cela rĂ©veille des peurs … et aussi un besoin de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure solide sur lequel batir l’avenir.

Je ne cherche pas ici Ă  convaincre ou Ă  imposer ma vision, simplement Ă  partager, Ă  semer des graines.

Choisir ma vie m’a demandĂ© de traverser des Ă©motions profondĂ©ment inconfortables, de faire des choix non nĂ©gociables, et d’accepter de ne plus ĂȘtre victime des circonstances ou de mes Ă©motions, mais de devenir leader entrepreneure de ma vie. Sortir d’une culpabilitĂ© de fond, toxique, et prendre la JUSTE responsabilitĂ© de ma santĂ© et de ma vie.

ConcrĂštement, cela m’a demandĂ© de m’ouvrir Ă  une vision plus large, intĂ©grative et globale de la santĂ©, Ă  penser diffĂ©remment et Ă  me rĂ©approprier mon monde Ă©motionnel pour revenir Ă  mon essentiel. RĂ©ajuster mon alimentation, mettre en place des routines de vie plus saines et plus adoptĂ©es aux besoins et aux limites de mon corps. J’ai appris Ă  baisser mon niveau d’exigence et de duretĂ© envers moi-mĂȘme, Ă  mieux m’entourer … et mes douleurs ont commencĂ© Ă  cesser.

DĂ©velopper une Ă©coute fine de son corps, de ses Ă©motions, de ses rĂ©actions, face aux situations et aux relations. Identifier les environnements et relations saines pour soi et revenir Ă  des valeurs fondamentales : le respect de soi, le droit d’exister pour soi, mĂȘme si ça dĂ©plaĂźt.

Vous n’ĂȘtes pas votre mĂ©tier, ni ce qui vous arrive, ni juste « le fils ou la fille de … ; le mari ou la femme de … ». Vous ĂȘtes vous : Jean, Marie, Carole … et vous ne vous rĂ©sumez pas Ă  une Ă©tiquette. Ce refus de se laisser enfermer dans une case rejoint directement ce que j’Ă©voquais dans mon prĂ©cĂ©dent article, FrontiĂšres saines : poser ses limites sans se perdre, c’est aussi refuser que l’on vous ramĂšne sans cesse Ă  une identitĂ© qui ne vous correspond pas.

C’est un mouvement de l’extĂ©rieur vers l’intĂ©rieur : redĂ©couvrir qui vous ĂȘtes, au-delĂ  de ce que les autres projettent sur vous. Et choisir aussi ce que vous voulez ressentir, plutĂŽt que vous rallier Ă  ce que ressent la masse. Exister dans votre propre vĂ©ritĂ© plutĂŽt que d’adopter celle des autres sous la pression sociale. Cela fait partie, Ă  mon sens, de l’intelligence Ă©motionnelle, une compĂ©tence essentielle que vous pouvez dĂ©velopper Ă  tout Ăąge. Pas simplement pour vous, mais aussi parce que cela va venir nourrir et impacter toutes vos relations ( enfants, parents, hiĂ©rarchiques, clients, …)

Parce que ce que l’on ne voit pas finit par s’imposer Ă  soi, souvent au moment oĂč l’on s’y attend le moins et pas toujours de façon douce. Apprivoiser vos Ă©motions, c’est apprendre Ă  entendre et respecter vos besoins et vos limites avant que le corps ne s’en charge Ă  votre place. C’est ne plus minimiser ce que vous vivez, ne plus vous nĂ©gliger. C’est apprendre Ă  nourrir ce qui est essentiel pour vous, mĂȘme si pour d’autres cela ne l’est pas.

Vous n’avez pas besoin de toucher le fond pour vous choisir. Vous avez le droit de vous remettre au centre de votre vie dĂšs maintenant, sans attendre un effondrement, et sans culpabiliser.

« Le passĂ© c’est douloureux, mais Ă  mon sens on peut soit le fuir, soit tout en apprendre. » — Rafiki (Le Roi Lion)

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Carole  

Coach | Hypno-praticienne | Formatrice Vous remettre au centre de votre vie sans culpabiliser

Accompagnement Emotions & Transition de vie*

*mes actions ne remplacent ni un avis ni un suivi médical

🎁 Guide : ArrĂȘter de tout contrĂŽler

https://www.youtube.com/@CaroleChoisirtavie

De l’industrie pharmaceutique au coaching : ma transition de vie

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