Quand l’envie devient plus forte que le déni

cigne qui a la tête sous l'eau au coucher de soleil

Petit aparté pour commencer : cela fait un peu plus d’un mois que ce blog est né. Un mois que je me suis lancée publiquement dans ce défi des 52 semaines. C’est une belle étape, pour laquelle je ressens une certaine fierté, et je voulais vous dire merci. Merci d’être là, de lire, de vous reconnaître parfois dans mes mots. Cela donne encore plus de sens à cette aventure.

Cette semaine, j’avais très envie de parler du déni. Les évènements vécus ces derniers temps m’ont permis de ramener à la surface certains souvenirs et avec eux, des prises de conscience. On met souvent du temps à réaliser que l’environnement dans lequel on évolue (relationnel, professionnel, ou même intérieur : nos pensées, notre alimentation, nos habitudes) est toxique pour nous, d’autant plus si l’on est hypersensible. On s’adapte, on se sur adapte même, on s’habitue, on apprend à « gérer » l’inconfort… jusqu’au jour où on ouvre enfin les yeux, et parfois très longtemps après.

C’est l’histoire de la grenouille dans la marmite : plongée dans une eau qui chauffe progressivement, elle s’adapte jusqu’à en mourir. Alors qu’une grenouille jetée dans l’eau bouillante sauterait immédiatement. Tenir bon parce que « çà va passer », continuer à attendre « le déclic », c’est souvent rester dans le déni. Une fois qu’on a commencé à se réapproprier son monde émotionnel, on ne peut plus faire semblant. Tout devient plus clair, parfois même évident. On voit ce que l’on refusait de voir avant.

1. Le déni : quand on tourne le dos à soi-même

Le déni, c’est quand on voit bien que quelque chose ne va pas, mais que l’on refuse de remettre en question nos certitudes, nos habitudes ou notre façon de penser. On tourne en rond dans le drama, on rend l’autre responsable de notre mal-être, on espère que l’extérieur va changer… sans jamais vraiment se remettre en question. D’un mécanisme de protection au départ, avec le temps il devient une prison. Il se manifeste dans nombreuses situations du quotidien (refuser de voir une dépendance, minimiser des symptômes en cas de maladie, refuser d’admettre qu’une relation nous fait du mal, déni de grossesse …) et amène à refuser la réalité.

Passionnée par la santé depuis mes 6 ans, tout mon cursus universitaire ainsi que mon parcours professionnel sont orientés santé. Jusqu’à en perdre la mienne … tellement je ne pouvais et ne voulais pas voir … Quand on y pense, c’est dingue non ? On envisage le changement, mais on ne le met pas en place. Or …

« Si l’on fait ce que l’on a toujours fait, on obtient ce que l’on a toujours obtenu. »

Paul Watzlawik 

Pourtant, nous avons le pouvoir de transformer notre vie de l’intérieur : en apprivoisant nos émotions au lieu de les mettre sous cloche. Je l’ai beaucoup rencontré en accompagnement : non les personnes ne manquent pas de volonté pour perdre du poids, arrêter de fumer, changer de mode de vie … Elles manquent de présence authentique à elles-mêmes.

moi assise en tailleur sur la plage, face à la mer, tournant le dos à l'objectif

Un des chemins les plus puissants vers le changement, c’est la présence à soi : s’arrêter, entrer dans sa propre aventure intérieure et écouter ce qui est vivant en nous.

Les émotions ne sont pas nos ennemies.

Elles nous parlent de nos besoins.

Apprendre à les écouter, c’est reprendre sa santé et sa vie en main.

2. Comment savoir si on est dans le déni ?

  • Quand on rend systématiquement l’autre responsable de notre mal-être,
  • Quand on attend que l’extérieur change pour se sentir mieux,
  • Quand on s’accroche à des situations ou des relations qui nous épuisent, tout en refusant de voir la réalité en face,
  • Quand on se dit « c’est comme çà », « je ne peux rien changer », « çà va passer », « il faut que je tienne bon » …

Le jour où j’ai compris que la seule variable que je pouvais vraiment changer, c’était moi, tout a basculé. Si j’avais pu ouvrir les yeux plus tôt… Mais c’est aussi ça, le déni : on ne peut pas voir, même quand on pense vouloir changer. Je savais que je devais quitter mon poste mais j’ai tenu bon jusqu’à ce que le corps lâche. Pourtant, je ressentais tout dans mon corps. Je ne savais simplement pas nommer ce que je vivais, ni entendre mes besoins derrière mes émotions.

Aujourd’hui, grâce à ce défi des 52 semaines, je prends conscience … J’ai compris et accepté mon hypersensibilité comme une partie précieuse de moi. J’ai appris à lui faire confiance. Elle est devenue ma boussole interne : je sais désormais, viscéralement, ce qui me nourrit et ce qui me détruit.

3. Sortir du déni : un choix quotidien

photo de  Clay Banks

J’ai choisi de ne plus laisser qui que ce soit ou quoi que ce soit éteindre ma joie. C’est un choix que je renouvelle chaque jour : « Est-ce que cela me nourrit ou est-ce que cela m’épuise ? ».

Les signaux d’alertes, ce sont nos émotions : elles nous permettent de comprendre l’impact de l’environnement sur nous, de regarder la réalité telle qu’elle est et d’agir en conséquence. On ne peut pas empêcher toute souffrance, mais on peut arrêter de s’y accrocher.

Avec le temps et de l’entrainement, on apprend à changer notre environnement, à se préserver (besoin de calme, de nature, de relations qui me tirent vers le haut…), et à choisir des pratiques qui vous soutiennent vraiment.

« Si tu veux de l’ordre dans ta cité, mets de l’ordre dans ton quartier ; si tu veux de l’ordre dans ton quartier, mets de l’ordre dans ta maison ; si tu veux de l’ordre dans ta maison, mets de l’ordre dans ta famille ; si tu veux de l’ordre dans ta famille, mets de l’ordre dans ton cœur. » Confucius

4. Les principes de Tal Ben-Shahar qui m’inspirent cette semaine

Dans son livre Choisir sa vie, Tal Ben-Shahar propose des choix simples mais puissants. Parmi ceux qui résonnent particulièrement en ce moment :

  • Vivre à cent à l’heure ou savourer la vie
  • Manger inconsidérément ou respecter son corps (s’arrêter à 80 % de satiété, comme dans les zones bleues étudiées par Dan Buettner)
  • Laisser passer sa chance ou tourner les situations à son avantage
  • Se dénigrer ou ne pas oublier qui l’on est vraiment
  • Être chercheur de tares ou chercheur de bienfaits

Ces petits choix quotidiens font toute la différence. Ils nous ramènent à la responsabilité et à la fidélité envers soi-même.

« Je ne suis pas ce qui m’est arrivé, je suis ce que je choisis de devenir. » Carl G. Jung

4. Conclusion

Choisir sa vie , se remettre au centre, c’est faire des choix conscients jour après jour pour une vie sans regrets.

Et vous ?

Quel est le principe ou la phrase qui résonne le plus pour vous en ce moment ?

Partagez en commentaire, avançons ensemble !

À la semaine prochaine pour continuer ce beau défi des 52 semaines : reprendre le pouvoir sur nos émotions et choisir notre vie, même quand ça tangue.

Avec toute ma bienveillance, Carole

Bienvenue dans « Choisir ta vie » ! Si vous êtes nouveau ici, vous aurez surement envie de lire mon guide qui vous explique comment commencer à à vous affranchir de la culpabilité et du contrôle pour une vie choisie : cliquez ici pour télécharger le guide gratuitement

Continue Reading

Assumer son hypersensibilité : transformer ce « défaut » en un talent puissant pour soi et pour le collectif

vagues au coucher de soleil

Dans la première partie, nous avons vu que l’hypersensibilité n’est ni une faiblesse ni un trouble, mais un trait inné qui fait ressentir le monde avec une intensité particulière. Aujourd’hui, je voudrais vous amener un autre angle de vue : et si cette sensibilité exacerbée était une richesse, un tremplin pour vivre plus pleinement et contribuer à votre bien-être mais aussi au mieux-être collectif ? Un trésor à protéger et à déployer pour le plus grand bien de soi et de tous ?

Pour Elaine Aron (psychologue et chercheuse en psychologie d’origine américaine, reconnue comme l’une des spécialistes de l’hypersensibilité), le fait que l’hypersensibilité touche 30% de la population indique qu’elle ne peut pas être considérée comme un désavantage. Et même si l’on parle souvent des femmes, j’aimerais aussi attirer l’attention sur le faut que les hommes aussi peuvent être hypersensibles, et que vous avez aussi le droit messieurs, de ressentir, d’être émus. La sensibilité, c’est ce qui nous rend humain.

 » L’hypersensibilité est le don de ceux qui ressentent l’énergie du monde avant que les mots ne l’expriment  »  – Eckhart Tolle

1. La beauté de l’hypersensibilité

Vivre en étant hypersensible, ou à Haut Potentiel Sensible, c’est :

  • Des émotions puissantes, ressentir le monde avec intensité,
  • Une vie intérieure riche, profonde, authentique,
  • Une capacité à s’émerveiller des petits « riens » du quotidien,
  • Le plaisir de vivre et savourer le positif,
  • Une grande empathie, de grandes qualités de coeur,
  • Une perception fine de la communication non-verbale,
  • Une perception fine des non-dits, des jeux de pouvoir, de la beauté mais aussi des incongruences, des subtilités,
  • Des valeurs et convictions très élevées,
  • Un refus des étiquettes et de la stigmatisation,
  • Un profond besoin de sens dans tout ce qu’ils vivent, et qui commencerait à s’activer vers les 30 ans et plus,
  • Etre créatif, intuitif, doté d’une capacité d’observation aiguisée,
  • Etre très attentif et réactif,
  • Parfois être dans sa bulle,
  • Une forte capacité d’analyser en profondeur les situations, à faire des liens, …

2. Le côté « obscur » de l’hypersensibilité

L’hypersensibilité, c’est un peu comme un instrument magnifique qu’on laisse dans un coin. Pourquoi ? Parce que de prime abord, on ne voit que les aspects « lourds ».

  • Le contagion émotionnelle : la sensation d’être une « éponge » des émotions des autres,
  • La rumination de certaines situations pour comprendre en profondeur, la difficulté à « passer à autre chose »
  • Un besoin vital de comprendre, d’avoir une vision globale, (en tous cas me concernant 😉)
  • Un besoin vital de solitude pour se recharger, qui peut être mal perçu et interprété par l’entourage,
  • La sensation d’être différent, incompris, … qui peut amener à douter de soi, à se décourager, à abandonner
  • Un trop plein, un sensation d’envahissement (bruit, sons, lumière, …),
  • Un côté perçu comme « bisounours » qui peut faire sourire et attirer la moquerie,
  • Un grand coeur qui peut attirer des profils toxiques,
  • Un surinvestissement des relations qui peut envahir les autres parfois,
  • Une forte sensibilité à la critique,

3. L’hypersensibilité : un potentiel à apprivoiser et à développer ?

L’hypersensibilité est cependant une grande richesse : une sensibilité propre à la personne. Etre hypersensible c’est être touché par les petites choses du quotidien (un coucher de soleil, un café partagé, un beau paysage ….) qui semblent anodines pour d’autres. Une fois assumée, apprivoisée, c’est une qualité de présence authentique à soi, aux autres, au monde.

Une personne hypersensible est souvent reconnue pour être quelq’un d’investi, loyal, généreux, capable de se remettre en question, de prendre soin des autres

Elaine Aron estime qu’il s’agit d’un don précieux à développer dans tous les domaines de la vie.

Être hypersensible demande à apprendre à apprivoiser ses intensités émotionnelles pour en faire des atouts. La régulation émotionnelle est ainsi un besoin fondamental quand on est hypersensible, afin de ne pas être envahis par ces « trop pleins » et ainsi développer une hygiène émotionnelle.

La première étape, pour ma part, a été d’accepter ma haute sensibilité. Et c’est sur ce chemin que je vous accompagne :

  1. Reconnaitre notre particularité et de l’assumer → ne plus se juger de percevoir le monde autrement,
  2. Apprivoiser nos émotionsreconnaitre nos besoins et y répondre de façon juste pour soi,
  3. Apprendre à se détacher peu à peu du regard des autres → développer estime de soi saine et sécurité intérieure
  4. Se libérer des attentes → se recentrer sur soi et ce qui nous rend heureux
  5. Nourrir une image positive de soi → développer douceur et bienveillance envers soi, sortir de la dévalorisation
  6. Apprendre à reconnaitre et célébrer nos progrès et réussites → plutôt que se focaliser sur les échecs
  7. Vivre des expériences et relations authentiques et riches : conscience de soi, des autres, du monde,
  8. Développer sa créativité,

4. Vivre pleinement sa « vulnérabilité » : le courage d’être soi

Un poing serré pointant vers le haut. Courage et pouvoir personnel

Le courage c’est d’oser exister DANS sa vulnérabilité. Longtemps j’ai refoulé ; j’en avais assez d’entendre « elle est fragile ». Etre hypersensible, ce n’est pas être fragile mais avoir une façon différente de percevoir la vie. Quelle libération quand on le comprend et qu’on l’assume, que l’on arrêt de se renier dans qui on est véritablement parce qu’autour de nous, on valorise plutôt la « maitrise absolue » des émotions. Or l’émotion, la sensibilité c’est notre humanité : C’est la VIE !

« La vulnérabilité est au coeur des sentiments de honte et de crainte, comme de la quête perpétuelle d’honorabilité, mais il semble que ce soit aussi la source de la joie, de la créativité, du sentiment d’appartenance et d’amour. » Pr B. Brown

Le Pr Brené Brown, experte sur ce sujet, a identifié que le courage (d’être impafait.e, vulnérable) est ce qui fait la différence entre une personne qui à une bonne opinion d’elle-même et celle qui n’en n’a pas.

Ces personnes ne se demandent pas :

  • Si l’amour qu’elles donnent leur sera payé en retour : elles aiment;
  • Si elles devraient postuler à un job en sachant qu’elles ne correspondent pas au profil : elles postulent,
  • Comment elles vont être mal perçues : elles sont qui elles sont,
  • Comment cacher leurs vulnérabilités : elles les partagent

Elles s’autorisent à être fragiles, à sortir de la perfection. La vulnérabilité peut aussi causer de la souffrance mais jamais autant que de refouler sa part d’humanité.

Durant mes années de collaboration avec un centre de soin spécialisé dans le traitement de l’obésité et du diabète, ainsi qu’avec différentes associations de patients, j’ai pu constater à quel point certaines personnes vivaient cette hypersensibilité comme un handicap, qui venait s’ajouter à leur vécu de patient.es. Réapprivoiser son monde émotionnel permet de retrouver une certaine légèreté et confiance en soi pour vivre pleinement, en accord avec ce qui compte pour soi.

5. Et si apprivoiser son hypersensibilité pouvait inspirer les autres ?

Ici j’ai envie de vous partager ce texte qui représente ma vision d’oser assumer son hypersensibilité : une ode à la vie !

Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu
Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d’émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu’il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n’a fui les conseils sensés.
Vis maintenant !
Risque-toi aujourd’hui !
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d’être heureux !

Martha Medeiros

6. Conclusion

Vos émotions sont le chemin du retour vers votre être profond. Une aventure de découverte de soi : un territoire méconnu avec son propre langage à (re)apprendre : celui du corps et des émotions. Votre hypersensibilité peut ainsi être un chemin d’accès pour vivre pleinement votre vie, sans regrets, et pour contribuer au mieux-être collectif. C’est au coeur de la santé intégrative et de mes accompagnements : remettre l’humain au centre, et cela commence individuellement.

Alors, qu’en dites vous ?

Si vous choisissiez de changer de regard sur votre hypersensibilité pour la transformer en une richesse à cultiver ?

Partagez en commentaire, afin d’avancer ensemble.

À la semaine prochaine pour continuer à approfondir et choisir votre vie, même quand ça tangue !

Carole

Photo de couverture : Photoholgic 

Bienvenue dans « Choisir ta vie » ! Si vous êtes nouveau ici, vous aurez surement envie de lire mon guide qui vous explique comment commencer à à vous affranchir de la culpabilité et du contrôle pour une vie choisie : cliquez ici pour télécharger le guide gratuitement

Continue Reading

Hypersensibilité : une opportunité pour choisir ta vie ?

Si vous êtes hypersensible, vous le savez souvent depuis longtemps. Bruits trop forts, ambiances lourdes, endroits bondés qui vident votre batterie en quelques minutes… Vous vous sentez comme une « éponge ». Vous captez les émotions des autres, vous êtes submergé.e par elles, mal à l’aise dès qu’un conflit pointe, blessé.e par une critique qui serait perçue comme anodine par d’autres. Analyse permanente avec un cerveau en « plan réseau », sentiment de solitude à force de se sentir incompris.e, besoin viscéral de solitude pour se recharger, saturation rapide face aux discussions de surface alors que vous aspirez à de la profondeur et de l’authenticité…

Et puis il y a ce fameux « trop » que l’on vous a répété : trop sensible, trop sérieux.se, trop intense, trop curieux.se, trop émotif.ve… Un petit mot qui pèse lourd et vous fait douter. Alors peut-être faites vous déjà partie de ces personnes qui sont en chemin ou qui ont déjà ont appris à se choisir malgré tout.

1. Mon « trop » de la semaine

Récemment, une immense tristesse m’a submergée, liée à une personne qui a beaucoup compté pour moi et qui s’en est allée. Une vague venue de très loin, comme si une digue avait cédé. Au lieu de fuir ou de refouler (comme je le faisais avant), je me suis laissée surprendre et traverser.

C’était intense, douloureux … et pourtant libérateur. Le déni semble souvent confortable sur le moment, mais il nous rend esclave. Jusqu’à cette fameuse goutte d’eau qui fait déborder le vase, ce fameux « STOP : je dois me choisir « . Beaucoup d’hypersensibles, après avoir testé mille méthodes et thérapies, se sentent démuni.e.s : « rien ne marche pour moi ».

Parfois, c’est parce que, sans en avoir conscience, on est encore dans le déni, déconnecté.e de ce que l’on vit vraiment. Nos émotions ne sont pas des ennemies : elles sont le chemin vers notre être profond. Mais on n’a jamais appris à « être et ressentir », seulement à « faire » et à exister au travers d’un rôle.

2. La tristesse comme messagère

Dans beaucoup de familles, on confond loyauté et amour : soutenir, encaisser, se taire, ne pas faire de vagues, s’oublier … On apprend très tôt à compenser les manques (d’un parent absent physiquement ou émotionnellement), à devenir le « pilier », à « tout porter », même ce qui ne nous appartient pas. Résultat : peur de décevoir, difficulté à dire non, culpabilité dès qu’on pense à soi, sentiment d’être égoïste quand on exprime un besoin… Une loyauté toxique qui nous coupe de notre pouvoir personnel et nous amène à nous sacrifier plutôt que se choisir.

Comme l’explique très justement Aude-Valérie Jung, « pour une personne hypersensible, la sphère familiale est souvent un terrain complexe. […] Entre culpabilité, besoin d’harmonie et peur du conflit, il peut devenir difficile de s’affirmer tout en maintenant des liens familiaux sains. » La personne dotée d’une hypersensibilité ressent plus que les autres tout ce qui n’est pas dit. Elle reste souvent prisonnière de cette fidélité inconsciente, au prix du sacrifice de son identité propre.

3. Ressentir la tristesse dans le corps

C’est la prise de conscience que j’ai eu cette fois-ci dans le corps, en acceptant de me laisser toucher par cette vague de tristesse profonde. Si mon mental a su, à un moment donné m’aider à prendre les décisions qui s’imposaient pour reprendre le pouvoir sur ma vie, mon corps lui n’avait pas fait son deuil : il n’avait pas complètement laissé partir. Reconnaitre l’émotion c’est accueillir la part de soi blessée et la reconnaitre, lui laisser le droit d’exister sans pour autant continuer à en être esclave. Et ainsi, reprendre la responsabilité de sa vie : choisir sa vie. C’est ce que l’on fait ensemble en accompagnement centré émotion.

« Il faut parfois s’affranchir de personnes, d’engagements, de liens qui ne nous conviennent plus et nous nécrosent. Ne pas le comprendre, c’est se trahir soi-même. » – Nicole Prieur , philosophe, psychothérapeute et auteure du livre « Les trahisons nécessaires- s’autoriser à être soi ».

4. La vérité inconfortable sur cette sensibilité exacerbée

L’hypersensibilité est souvent associée à une faiblesse, de l’immaturité, un frein à l’épanouissement, … voire un trouble psychologique. Or d’après la psychologue Elaine Aron, experte sur ce sujet (elle a développé le concept de Highly Sensitive Person), il s’agirait plutôt d’un trait de personnalité, une façon différente de traiter l’information.

haute sensibilité

Il s’agirait plutôt d’un :

« Haut Potentiel Sensible” (Elaine Aron)

« Un trésor précieux à développer, protéger et déployer dans tous les aspects de sa vie« 

Selon consensus de thérapeutes & chercheurs francophones

La haute sensibilité serait innée. Elle correspond à un fonctionnement spécifique du système nerveux qui se voit par imagerie cérébrale.

Elle toucherait :

  • jusqu’à 31% de l’humanité
  • majoritairement des femmes

Source ; Observatoire de la sensibilité 2026

Souvent perçus comme « trop » (trop fragiles, trop sensibles, … ), cela peut les amener à douter d’eux-mêmes et fragiliser l’estime de soi. Le poids du regard des autres, le fait de se comparer, peut amener à croire que quelque chose ne va pas en soi et à vivre de la dévalorisation. Se choisir, c’est apprendre à s’accorder soi-même de la valeur.

Ressentir les émotions de manière intense, cela fait partie de moi depuis toujours. C’est ce qui m’a valu mon échec au concours de pharmacie à 18 ans, ne sachant gérer ma peur panique de l’examen, ou encore la sensation d’être « vidée de mon énergie » dans certaines relations ou situations…

Comme beaucoup, je l’ai longtemps portée comme « une tare », ne comprenant pas comment les autres faisaient pour ne pas être aussi sensible que moi et ce qui clochait chez moi.

J’ai eu la chance de rencontrer sur mon chemin différents types de praticiens qui ont su m’aider à changer de regard sur mon hypersensibilité : à la voir comme une force, à l’apprivoiser, et à la mettre au service de mes client.es dans ma façon de les accompagner afin de :

  • Créer les conditions favorables : pour que la personne se sente en confiance et sécurité,
  • Proposer une « vraie » approche personnalisée : respectueuse de la susceptibilité de chacun.e,
  • Avoir une vision intégrative : rechercher la profondeur (la racine) plutôt que rester en surface de la problématique.

En effet, un individu hautement sensible est impacté par son environnement. Il sera en meilleure santé physique, mentale et sociale et réussira mieux s’il évolue dans un environnement de calme, de confiance, de respect, de soutien, d’encouragement … versus un environnement de stress, de violence, de rejet… (Source : laboratoire de la sensibilité )

5. En conclusion

L’hypersensibilité, ce n’est pas une maladie mais une façon différente de traiter l’information, avec un seuil de tolérance plus bas aux signaux de l’environnement.

Selon Elodie Crépel, experte dans ce domaine, « on naît hypersensible, on ne le devient pas et on le restera toute notre vie, même si certains.es passeront la leur à le cacher ou à le contrôler ! ».

Selon Elaine Aron (psychologue et chercheuse en psychologie d’origine américaine, reconnue comme l’une des spécialistes de l’hypersensibilité) , le fait que l’hypersensibilité touche 30% de la population indique qu’elle ne peut pas être considérée comme un désavantage.

Et vous ?

Comment vivez-vous votre sensibilité au quotidien ? Le « trop » vous pèse-t-il encore, ou commencez-vous à l’apprivoiser et à vous choisir ?

Partagez en commentaire, afin d’avancer ensemble.

À la semaine prochaine pour la 2e partie : voir que votre hypersensibilité c’est votre trésor caché, une boussole pour choisir votre vie, même quand ça tangue !

Continue Reading