Et si l’aventure commençait dans vos trippes ?

femme qui cache la moitié de son visage sous sa couette

Plonger dans l’inconfort pour reprendre le pouvoir sur votre vie.

Avez-vous déjà eu cette envie brûlante de vous lancer dans quelque chose qui compte vraiment pour vous ? De l’annoncer autour de vous pour vous obliger à tenir parole… et puis, quelques jours plus tard, de sentir le doute s’installer, la peur monter, et de finir par ressentir précisément ce que vous vouliez éviter ? Rageant, non ? Et bien c’est exactement ce qui s’est passé pour moi cette semaine. C’est aussi le sujet du jour : comprendre pourquoi l’inconfort surgit dès qu’on choisit vraiment sa vie… et comment le traverser au lieu de le fuir. Comme promis dans mon premier article, voici un partage « vraie vie » chaque semaine. Le défi que je me suis lancé en lançant ce blog : 52 semaines pour reprendre le pouvoir sur mes émotions et choisir ma vie, semaine après semaine.

«  Ce ne sont pas les mots qui expriment le mieux notre vision du monde, mais les choix que nous faisons. Avec le temps, nous façonnons notre existence, et nous nous façonnons nous-mêmes. Ce processus ne s’interrompt qu’avec notre mort. Et les choix que nous faisons, en définitive, relèvent de notre propre responsabilité. »Eleanor Roosevelt

Photo de Alexandra Gorn

1. Pourquoi l’inconfort est le point de départ d’une vie choisie ?

Parce qu’une émotion, ça se vit d’abord dans le corps. Elle crée le mouvement, la tendance à l’action ou au contraire à la fuite, au figement. On entend souvent : « Si tu veux changer, change tes pensées. » Mais s’il existait d’autres portes d’entrée que le mental ? Le corps, par exemple, et son langage silencieux : les sensations, les nœuds au ventre, la gorge qui se serre, le cœur qui s’emballe…

En accompagnement, j’ai vu à quel point il est difficile pour beaucoup de personnes de vraiment sentir et nommer ce qui se passe à l’intérieur. Alors que de l’extérieur, une émotion se voit, s’entend, même quand la personne ne sait pas la mettre en mots. Ignorer ce langage intérieur, c’est souvent tourner en rond, répéter les mêmes schémas… tout en désirant ardemment le changement.

J’ai longtemps été comme ça. Et même aujourd’hui, il m’arrive encore de devoir fermer les yeux, respirer profondément, pour enfin accéder à ce qui vibre en moi et court-circuiter le mental qui prend toute la place. C’est un langage à apprivoiser, patiemment. Parce que nos émotions sont à la racine de nos choix, de nos décisions, de nos comportements. Sans conscience de ce qu’elles nous disent, on se retrouve coincé·e dans une dualité épuisante : vouloir une chose… et faire exactement l’inverse.

2. Choisir votre vie ou continuer à vous résigner ?

Nous sommes nombreux à ressentir cet appel du changement : envie de renouveau, d’aventure, de se sentir plus vivant·e, plus libre. D’après les chiffres partagés par le média « Les Déviations » (créé en 2018 autour des changements de vie) :

  • 70 % des Français rêveraient d’une nouvelle vie,
  • 61,6 % des salarié.es aimeraient quitter leur entreprise,
  • 64 % souhaiteraient une activité alignée à leurs valeurs ou leurs passions.

Photo de Benjamin Davies

Beaucoup veulent changer : le travail, le rythme, une relation, le corps, ou simplement se retrouver soi. Recommencer autrement, se sentir plus vivant;e, plus libre … On lit, on réfléchit, on analyse, on rêve… et pourtant, on reste souvent bloqué·e. L’illusion du « bon moment », de « quand je serai prêt·e ». Ce qui m’a le plus secouée cette semaine, c’est mon propre saut dans l’aventure : lancer ce blog et m’engager publiquement sur 52 semaines de présence authentique. Je savais que ça allait me « chercher », mais je n’imaginais pas que le grand questionnement arriverait dès la première semaine ! Et ce que j’observe, chez moi comme chez celles et ceux que j’accompagne : ce n’est presque jamais le manque de volonté, de motivation ou d’idées qui nous retient. C’est la peur du jugement, le doute qui s’installe, la loyauté inconsciente aux anciennes habitudes, le perfectionnisme (« il manque des mots », « le site n’est pas fini », « le footer est incomplet »…), la rigidité intérieure. Au final, ce n’est pas le courage qui manque : c’est l’émotion que le changement réveille. Et cette émotion crée le mouvement… ou le bloque.

3. La vérité inconfortable sur le fait de choisir votre vie

On imagine souvent que se choisir apporte un soulagement immédiat, un passage fluide d’un point A à un point B, une liberté instantanée. En réalité, ce n’est pas si linéaire. Se choisir commence très souvent par de l’inconfort, et plus cet inconfort grandit, plus il nous pousse à bouger : une tristesse qui surgit sans raison apparente, un besoin soudain d’isolement, des vagues de colère inattendues… Chaque vrai renouveau s’accompagne d’un deuil, d’un au revoir. On quitte la rive connue pour traverser vers l’inconnu.

« Si on fait ce que l’on a toujours fait, on obtient ce que l’on a toujours eu » µ

Paul watlawick 5psychologue jungien)

Pour moi, lancer ce blog, c’est renoncer au confort du connu : découvrir une nouvelle façon de communiquer, de créer du lien, de partager, via un écran plutôt qu’en face-à-face. C’est aussi prendre la responsabilité de ses choix : fermer les yeux sur ce qui dérange… ou les ouvrir, faire face, et agir.

« Nous avons coutume de penser que le plus laborieux, c’est de décider. Mais en vérité le plus pénible, c’est de s’apercevoir que, justement, il y a une décision à prendre, et donc que le choix existe. En réalité, à tout moment nous avons le choix. » – Tal Ben-Shahar, Choisir sa vie

Se choisir, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre : c’est revenir à qui l’on est vraiment, arrêter de se trahir pour répondre aux injonctions extérieures. C’est traverser l’inconfort qui mène du connu à l’inconnu. Nos émotions sont les messagers. Le mot « émotion » vient du latin « e movere » : mettre en mouvement. Elles ne sont pas faites pour stagner dans le corps, mais pour en sortir, nous appeler à écouter, à agir. Pourtant, combien de jours, combien d’années, passons-nous parfois à résister à ce qui ne demande qu’à être accueilli ?

4. Les cycles émotionnels du changement

Rappelez-vous la dernière fois que vous vous êtes lancé·e dans un vrai projet de vie (changement de poste, déménagement, nouvelle relation, nouveau régime… ). Par quels hauts et quels bas émotionnels êtes-vous passé·e ?

LA METAPHORE DU HOMARD

Du Jordan Peterson, psychologue Canadien

Le homard grandit vite et doit muer souvent : 10 à 25 fois la première année, puis une fois par an. Quand sa carapace devient trop étroite, l’inconfort le signale. Il se cache alors, vulnérable aux prédateurs, pour laisser partir l’ancienne carapace et en former une nouvelle. C’est dans cette période de grande fragilité qu’il grandit vraiment. Une fois la nouvelle carapace durcie, il ressort plus grand, plus fort.


Comme le homard, quand nous changeons, qu’il s’agisse d’un petit ou d’un grand changement, nous traversons systématiquement des hauts et des bas émotionnels. C’est ce que les chercheurs nomment le cycle émotionnel du changement :

  • Optimisme non éclairé : l’élan enthousiaste du début, tout semble possible,
  • Pessimisme éclairé : les premiers revers, les doutes apparaissent. Bien s’entourer aide à mieux traverser cette phase,
  • Crise de sens : doute profond, remise en question des choix et de l’engagement. Il s’agit d’un moment décisif où la résilience et la détermination sont testées … et où l’on peut redécouvrir ses valeurs profondes,
  • Échec et renaissance : l’échec apparent devient souvent le tremplin à partir duquel rebondir plus fort,
  • Optimisme éclairé : un nouvel équilibre, un espoir réaliste. On embrasse le parcours avec ses défis et ses opportunités.

« Le secret du changement consiste à concentrer son énergie pour créer du nouveau et non pas pour se battre contre l’ancien. » – Dan Millman, Le Guerrier pacifique

5. En conclusion

Comprendre ces cycles, c’est déjà reprendre un peu de pouvoir : savoir que l’inconfort n’est pas un signe d’échec, mais le signal que quelque chose est en train de grandir. La bonne nouvelle ? On peut activer des ressources intérieures pour traverser ces vagues, au lieu de les subir ou de les fuir. C’est ce que je vous partage dans l’article de la semaine prochaine : des pistes concrètes, testées sur moi cette semaine, pour écouter l’inconfort sans vous laisser paralyser.

Et vous ?

Dans quel cycle vous situez-vous en ce moment face à un changement que vous désirez effectuer ?

Partagez en commentaire, afin d’avancer ensemble.

À la semaine prochaine pour continuer à choisir votre vie, même quand ça tangue. Carole

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4 commentaires

  1. Ton article me parle beaucoup. On croit souvent que le changement va apporter un soulagement immédiat, alors qu’en réalité il commence presque toujours par de l’inconfort. Le saut dans l’inconnu fait peur !

    Quand on a décidé de changer de vie et de partir voyager en famille, on l’a ressenti aussi : excitation… puis doutes, peurs, questionnements.

    Avec le recul, cet inconfort était surtout le signe qu’on sortait enfin du chemin tout tracé… et que c’était surtout la bonne direction !

    1. Je peux imaginer oui ce grand saut dans l’inconnu quand on choisit de changer de vie comme tu l’as fait, en famille. Oui avec le recul, on sait qu’on a fait le bon choix, il faut juste oser faire ce choix de se jeter dans l’inconnu et de traverser les doutes et tout ce que cela vient réveiller. C’est pour cela que beaucoup n’osent pas faire ce choix. Pour avoir mis du temps à faire certains choix pourtant nécessaires, ce n’est pas un manque de volonté. Parfois on veut, mais … c’est comme si en nous ca bloque. Je suis là pour accompagner ces changements là en douceur. Merci pour ton commentaire Jonathan, et au plaisir d’échanger sur ce thème d’oser partir voyager en famille ! c’est un projet aussi que j’ai, en couple 😉

  2. Merci pour cet article qui rejoint complètement ma vision (en lien avec la théorie polyvagale) que les émotions naissent dans le ressenti du corps avant tout.
    La métaphore du homard rejoint également la vision de Virginia Satir dans ses 7 étapes du changement qui nécessite un élément déclencheur pour commencer à se tourner vers un changement possible.

    1. Oui, c’est souvent une « douleur » au sens large du terme qui nous pousse à changer. J’apprécie beaucoup les travaux de Virginia Satir, également ceux du Dr Fauré, de W. Bridges, autour des transitions de vie et bien d’autres encore ; tout ce qui est en lien avec la santé intégrative. Du coup les travaux de Stephen Porges m’intressent aussi beaucoup, et d’autres chercheurs et médecins Américains autour de ces thématiques. Merci pour ton partage et au plaisir d’échanger sur nos visions respectives !

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